Jean Bernard LAPEYRERE

(1774 – 1849)

Ingénieur, vérificateur en chef du Cadastre dans le département de l’Orne

(1807 – 1836)

Ses origines, sa vie, sa descendance et ses rapports avec les géomètres du cadastre.

Etude biographique réalisée par Denis MOUSSET, ancien inspecteur du cadastre à Alençon et responsable de centre des impôts foncier du Mans, en retraite.

  • (Alençon, septembre 2013)

signature lapeyrere

SOMMAIRE

Préambule

Le contexte politique

Chapitre I - Jean Bernard LAPEYRERE, éléments de généalogie

Naissance

Les parents de Jean Bernard Lapeyrere

Les enfants de Gabriel Lapeyrere

Renseignements sur trois des enfants

Chapitre II – Jean Bernard LAPEYRERE, le marin

La marine marchande

La marine militaire

Démission de la marine militaire

Essai de retour dans la marine militaire

Jean Bernard Lapeyrere est remercié

Tentative de retrouver une fonction dans la marine

Chapitre III – Jean Bernard LAPEYRERE, le cadastre et l’ORNE

Arrivée à Alençon en 1807

Jean Bernard LAPEYRERE s’installe à ALENCON

L’affaire MALVIN CAZALS

Première acquisition immobilière à ALENCON

La visite de NAPOLEON à ALENCON

Mariage avec Clarice GEOFFROY

La famille GEOFFROY

Naissance de Jean Oscar LAPEYRERE

Les acquisitions en Pays d’AUGE

Situation sociale des LAPEYRERE

La séparation de corps et la vente des biens

Les décès de Jean Bernard LAPEYRERE et de Clarice GEOFFROY

Chapitre IV - La descendance de Jean Bernard LAPEYRERE

Jean Oscar LAPEYRERE

Paul de LAPEYRERE

Chapitre V – Une lignée au service des finances publiques

Chapitre VI – Les collaborateurs de Jean Bernard LAPEYRERE au sein du service du cadastre de l’ORNE. cf.onglet sur les géomètres de l'ORNE

PREAMBULE

Cette étude a été initiée suite à la lecture du l’ouvrage « les origines du cadastre ornais » de René JOUANNEarchiviste départemental de l’orne, imprimé par l’imprimerie Alençonnaise, édité en 1933.

Dans cet ouvrage, l’auteur cite fréquemment le nom de LAPEYRERE, ingénieur, vérificateur en chef du cadastre du département de l’ORNE.

Les actions administratives conduites par LAPEYRERE y sont remarquablement rapportées ; pour autant aucun élément de la vie personnelle de ce personnage ne figure dans cette étude.

René JOUANNE écrit : « nous n’avons pu retrouver la date de la mort de LAPEYRERE, qui – les tables décennales en font foi – n’est pas décédé à ALENCON. Nous ignorons également son lieu de naissance. Le traité du 15 mai 1822 lui donne les deux prénoms de Jean Bernard. Les archives du cadastre de la Seine et Oise, où il fût géomètre vérificateur, avant de venir dans l’ORNE, permettront peut-être un jour de compléter cette biographie trop sommaire » (Pages 176 et 177, dans les renvois de bas de page).

La vie des ingénieurs vérificateurs du cadastre qui ont participé à cette aventure cadastrale est fort méconnue .Qui sont ils ; quelles ont été leurs aspirations, leurs formations ? Seule, une biographie dont je possède un exemplaire, de Jean SIMON (1779-1856), géomètre en chef du cadastre dans le CALVADOS nous révèle quelques pistes (41).Je vais tenter d’apporter des éléments de réponses à ces questions à travers la vie de Jean Bernard LAPEYRERE qui a conduit l’opération dans son intégralité dans le département de l’ORNE.

Il ne saurait être question de plagier l’ouvrage de René JOUANNE qui a aiguisé ma curiosité; toutefois des rapprochements pourront être effectués pour mieux cerner la vie de Jean Bernard LAPEYRERE.

Les moyens modernes de diffusion de l’information et leur accessibilité permettront-elles de pénétrer un peu plus la vie de ce personnage ?

De même cette aventure cadastrale se déroule dans une période encore troublée (1807 –année d’arrivée dans l’ORNE de Jean Bernard LAPEYRERE et 1836 – fin de l’élaboration du cadastre parcellaire napoléonien dans le département de l’ORNE) et il ne peut pas être fait abstraction des évènements politiques nationaux et départementaux qui l’ont jalonnée.

Ces considérations m’ont conduit à présenter dans un premier temps, et chronologiquement, un contexte politique succinct avant de rapporter des éléments de la vie de Jean Bernard LAPEYRERE ainsi que ses rapports avec les géomètres du cadastre à travers quelques anecdotes.

LE CONTEXTE POLITIQUE

Cette période de constitution du cadastre parcellaire se déroule de 1807 à 1836 en ce qui concerne le département de l’ORNE et jusqu’en 1849 en ce qui concerne le passage sur terre de Jean Bernard LAPEYRERE.

Quelques dates repères me semblent importantes sur cette période :

-1774 - avènement de LOUIS XVI

-21/9/1792- abolition de la royauté en France – naissance de la première république.

-9/11/1799 – Coup d’état du 18 brumaire –BONAPARTE, premier consul

-14/3/1800 - LAMAGDELAINE premier préfet de l’ORNE

-18/2/1800 - DE FROTTE a été arrêté à ALENCON avant d’être exécuté à VERNEUIL sur AVRE sur les ordres de BONAPARTE.

  • -En l’An XI, le département avait une autre importance que sa représentativité actuelle (Avec 421 137 habitants, L’ORNE était au 21ème rang pour la population et au 23ème rang pour les cotisations versées).

-Janvier 1804 - La région de DOMFRONT est agitée des derniers soubresauts de la chouannerie.

-18/5/1804 – NAPOLEON I - empereur des français

-1808 - la fin de la chouannerie n’est pas éloignée dans le département de l’ORNE, laissant encore quelques traces comme l’écrit LAMAGDELAINE. En 1808 quelques actions chouannes se déroulent encore.

  • -Mai –juin 1811 - La venue dans l’ORNEde NAPOLEON qui n’a pas du manquer de s’enquérir de l’avancement de son œuvre cadastrale bien qu’aucun document n’en fasse état.
  • -4/4/1814 – Abdication de NAPOLEON I

-6/4/1814 – LOUIS XVIII accède au pouvoir

-25/4/1814 – Gabriel De RICCE devient préfet de l’Orne

-20/3/1815 – NAPOLEON revient à PARIS – les cent jours

-22/3/1815 - Joseph LAMAGDELEINE redevient préfet de l’ORNE à la faveur des cent jours

-18/6/1815 – Waterloo

-8/7/1815 – retour de LOUIS XVIII

-14/7/1815 - Gabriel DE RICCE redevient préfet de l’ORNE

-Aout – septembre 1815- occupation de l’ORNE par les Prussiens

-5/8/1817 – Charles DE LA MORELIE est nommé préfet de L’ORNE

-2/1/1823 – Nicolas SEGUIER devient préfet de l’ORNE

-16/9/1824 – CHARLES X devient roi

-2/4/1830 – Armand COETNEMPREIN DE KERSAINT est nommé préfet

-5/8/1830 – Jean CLOGENSON devient préfet

-9/8/1830 – LOUIS PHILIPPE I est nommé roi des français

-14/7/1833 – Claude DERVILLE-MALECHARD est préfet

-21/10/1836 – Eugène MANCEL est préfet de l’ORNE

-25/5/1837 – Jules LANGLOIS D’AMILLY est nommé préfet

-9/12/1845 – Aza DE VIDAILLAN est nommé préfet

-1/3/1848 – Camille BERRIER FONTAINE devient préfet

-10/12/1848 - LOUIS NAPOLEON BONAPARTE, président de la république française

-6/7/1849 – Auguste VESINET est préfet

-20/11/1849 – Roland PAULZE D’IVOY est nommé préfet

-6/12/1851 – Charles CLEMENT devient préfet

-2/12/1852 – NAPOLEON III, empereur des français

CHAPITRE I


Jean Bernard LAPEYRERE, éléments de généalogie

En recoupant les informations issues des recensements de la ville d’ALENCON et des tables des mariages du 19ème siècle constituée par les archives départementales de la MAYENNE, la reconstitution de la vie de Jean Bernard LAPEYRERE devint possible.

Par la suite, l’examen de documents issus des archives municipales de la ville d’ALENCON, de celles de la ville de TARBES, des archives départementales de l’ORNE, de celles de la MAYENNE, du CALVADOS, de la GIRONDE et des HAUTES PYRENEES, du service historique de la défense de ROCHEFORT et de VINCENNES et de la bibliothèque nationale de France vinrent compléter les informations relatives à ce personnage.

Naissance à TARBES en 1774

Jean Bernard LAPEYRERE naît à TARBES le 2 septembre 1774 en la paroisse Saint Jean, de l’union de Gabriel LAPEYRERE et de Paule (ou Pauline) DAURE (ou D’AURE). (1)

maison natale à tarbes

maison natale de Jean Bernard LAPEYRERE à TARBES (collection personnelle de l’auteur)

Il naît dans la rue du bourg vieux devenue la rue BRAUHAUBAN.

Il fût baptisé le même jour par le prêtre Saint ARNOUS et eût comme parrain Jean JUNCA et Bernarde FABAS comme marraine.

Les parents de Jean Bernard LAPEYRERE

Gabriel LAPEYRERE exerçait la profession de négociant drapier. Sa famille venait du diocèse de COMMINGES et s’est installée au village de BOULIN (située à quelques kilomètres de TARBES)au 18ème siècle.

Gabriel est né à TARBES le 2 octobre 1737 (son père Georges, boutonnier à TARBES, était décédé depuis le 15 juin 1737); ses parrains et marraine sont Gabriel TRUELLE et Marie LAPEYRERE. Après en avoir été autorisé par le curé de la paroisse Saint Jean de TARBES, le 7 mai 1764, il épouse en première noce, Paule D’AURE à TOURNAY (situé à 18 kilomètres de TARBES). A cette date la future mariée était enceinte de 7 mois.

La famille de Paule D’AURE était originaire de LOURDES où elle naquît le 19 janvier 1739. Lors de son mariage, ses parents étaient pré décédés. Elle habitait alors la paroisse de la Sède à TARBES et son curateur était Me DINTRANS, procureur au sénéchal de Bigorre. Elle décède le 31 mars 1789 à TARBES.

La généalogie de la famille DAURE ou D’AURE est importante et remonte aux années 1257 avec Bernard de AURA, capitaine de LOURDES en 1290. (Voir lignée généalogique en annexe). En 1429, des membres de la famille DAURE possèdent des biens fonds dont le curé de LOURDES.

En secondes noces, Gabriel LAPEYRERE épouse Thérèze GUICHARD le 27 août 1795 à TARBES. Il est âgé de 58 ans.

Thérèze GUICHARD, née à TARBES le 24 novembre 1766,était la fille de Jean François GUICHARD, procureur du Roy de la maitrise des eaux et forêts et d’Antoinette DEMBARRERE.

Gabriel LAPEYRERE, très riche négociant, possédait la seigneurie de BOULIN du chef de sa première épouse. Cette dernière, pour cette noble terre, prêta hommage au roi en 1770.

En 1785, Gabriel LAPEYRERE eut l’intention d’établir une faïencerie à BOULIN (2) (3).

maison lapeyrere a Boulin

Ses ancêtres avaient épousé un temps la religion calviniste avant d’adopter le culte catholique.

Pendant la révolution, Gabriel LAPEYRERE fut officier des grenadiers de la Garde Nationale en 1792 puis juge et président au tribunal de commerce de TARBES en 1792-1793 (4).Il fut nommé président du tribunal de commerce le 14 mai 1800 par arrêté du premier consul. Il fut remplacé à ce poste le 17 mai 1809 par décret impérial.

On le rangeait comme girondin et fédéraliste. Certains de ses fils furent considérés comme suspects.

Gabriel LAPEYRERE décède le 12 mars 1816 à TARBES, dans sa maison située rue du bourg vieux, section du sud.

Les enfants de Gabriel LAPEYRERE

Gabriel LAPEYRERE eût 19 enfants issus de ses deux mariages et d’une liaison hors mariage.

1)12 enfants sont issus de son union avec Pauline DAURE (5)

-Pierre né le 20 juin 1764, eut comme parrain Cyprien DAURE et comme marraine Bernarde GRABOS. IL eût quelques ennuis au cours de la période révolutionnaire ;

-Jeanne Marie, née le 11 juin 1765 dont le parrain fût Jean Marie CARLES, receveur des fermes du Roy (acte non retrouvé mais figure sur un bulletin de la société généalogique de l’amicale des bigourdans de Paris);

-Jean (ou Jean Marie) né le 24 janvier 1766, eût pour parrain Jean GRABOS et marraine Marie DAURE (épouse de M RIVIERE, avocat à LOURDES). Pendant la révolution, il forma la compagnie des chasseurs à cheval, la commanda et l’équipa à ses frais. Il fût reclus car dénoncé comme aristocrate, contre révolutionnaire et soutenant les fédéralistes. Libéré le 1 novembre 1794.

-Jean Marie ou Jean Isaac Marie, né le 11 juin 1767 (son parrain est Jean CARLES). Figure sur une liste de suspects en 1793 ; pour échapper à la réclusion, il se retire à Oloron Sainte Marie mais craignant des poursuites, il s’engage dans la compagnie des chasseurs créée par son frère.Il décède le 24 septembre 1804- homme de loi, avoué.

-Jeanne Marguerite née le 29 décembre 1768. Ses parrains et marraine furent Jean Baptiste JUNCA et Marguerite GRABOS.

-Michel Antoine né le 22 mars 1770. Son parrain est Antoine DAURE.

-Jean Pascal né le 22 avril 1772. Jean LAPEYRERE et Marie DALEAU furent ses parrain et marraine. En 1790 est membre du conseil municipal de TARBES, président du tribunal de commerce en 1792. Déclaré suspect d’incivisme et de fédéralisme le 22 septembre 1793, il entre comme maréchal des logis dans la compagnie des chasseurs à cheval formée par son frère. Le 25 avril 1801 il est nommé sergent de la Garde Nationale. Président du tribunal de commerce, franc-maçon, il est nommé commissaire de police et membre du conseil municipal de TARBES à nouveau en mai 1815. Il décède le 1 mai 1840.

-Jean Denis né le 5 août 1773. Son frère Jean Isaac est son parrain et Catherine JUNCA, sa marraine.

-Jean Bernard né le 2 septembre 1774, qui fait l’objet de cette étude.

-Joseph Richard né le 18 février 1776. Jean CARLES et Marguerite GRABOS-JUNCA seront ses parrain et marraine. Capitaine de frégate, il décède le 17 septembre 1859 à TARBES.

-Bertrande Sophie née le 23 décembre 1777.

-Jean Romain né le 24 novembre 1779. Son parrain est Jean Baptiste JUNCA et sa marraine Jeanne Dorothée RIVIERE. Il fut marin.

2)De son union avec Thérèze GUICHARD, Gabriel LAPEYRERE eût 6 enfants :

-Michelle née le 19 février 1797, décède le 4 juillet 1881;

-Jeanne Antoinette née le 12 janvier 1798 ;

-Cyprien né le 17 frimaire an 9 (8 décembre 1800) ;

-Jeanne Marie Virginie née le 16 mars 1802, décédée à TARBES le 18 décembre 1869 ; Elle épouse à TARBES le 7 août 1825 Casimir Simon LAPALU né le 4 septembre 1796, employé aux contributions indirectes à CASTELNAUDARY (Aude). Ils reconnaissent immédiatement un enfant de sexe masculin né d’eux le 6 janvier 1824 nommé Louis.

-Antoinette née le 18 thermidor an 11 (6 août 1803) ;

-Dominique né le 8 novembre 1804 et décédé à BAYONNE le 29 avril 1842.

Entre ses deux mariages, Gabriel LAPEYRERE eut un fils naturel et illégitime (pré nommé Dominique, né le 11 décembre 1795) avecLouise COURTADE.

Autres renseignements sur 3 des enfants LAPEYRERE

Le bulletin d’avril 1896 de la société académique des HAUTES PYRENEES nous délivre de précieux renseignements sur la famille LAPEYRERE et notamment sur Jean Bernard. Il s’agit d’un article de Norbert ROSAPELLY sur « LES MARINS BIGOURDANS ». L’origine de ces renseignements provient de l’examen du « livre de Raison de M Joseph LAPEYRERE ».

Je n’ai pu retrouver trace de ce livre de raison qui nous eut, sans doute, apporté beaucoup d’autres précieux renseignements.

Ce bulletin (dont je reproduis le texte en italique) nous apprend que Gabriel de LAPEYRERE, seigneur de Boulin, eut 15 enfants (en fait 19). A l’appel de la révolution, 5 s’enrôlèrent dont 3 dans la marine.

1) Bernard de LAPEYRERE né à TARBES le 2 septembre 1774 (et qui est donc le sujet de cette étude), s’embarqua le 29 août 1790 et fut fait prisonnier le 30 mars 1793.Revenu en FRANCE et reprenant la mer immédiatement, il retomba aux mains des Anglais le 7 septembre 1793. Il fut promu enseigne de vaisseau le 31 mars 1794 au retour de captivité.

Il faisait partie de la flotte de 26 vaisseaux de ligne qui, sous les ordres de VILLARET-JOYEUSE, partit de BREST le 27 mai 1794, allant à la rencontre d’un nombreux convoi de blé venant d’Amérique. Capitaine de vaisseau, VILLARET-JOYEUSE avait été élevé au commandement en chef ; le choix était heureux. Il avait pour instructions d’attendre le convoi en pleine mer, mais s’il rencontrait la flotte anglaise il devait lui livrer combat, afin de permettre au convoi de gagner BREST. Jean BON SAINT –ANDRE, représentant du peuple, commissaire délégué près de la flotte, modifiant les instructions, causa le désastre du 13 prairial an II(1 er juin 1794), au cours duquel Bernard de LAPEYRERE fut blessé.

A dater du 22 décembre 1794, il rempli les fonctions de lieutenant de vaisseau. Il fut fait prisonnier le 17 juin 1797 et fut encore pris pour la quatrième fois le 8 août 1798. Le 8 décembre 1802, il quitta le service maritimepour entrer dans l’administration du cadastre (dit l’ouvrage de ROSAPELLY).

2) Romain de LAPEYRERE né à TARBES le 24 novembre 1779, s’engagea comme pilotin en février 1794 sur la corvette l’ESPOIR, en croisière sur les côtes D’ESPAGNE.

Promu aspirant, il fit son service sur la corvette LA SAGESSE (août 1795) transportant des troupes aux îles SAINT EUSTACHE et SAINT DOMINGUE. En février 1797 il rencontre son frère Joseph et passe sur LA GAITE. Fait prisonnier, il reste sur les pontons anglais jusqu’en 1802 et après échange de prisonnier, il reprit la mer en 1802 .Embarqué comme maître pilote sur la goélette LE RETOUR en mai 1803. Grièvement blessé en septembre 1803 dans un engagement avec les anglais, il est fait prisonnier et mis à l’hôpital, il s’évade, enlève un canot à un navire anglais en novembre 1804, il se réfugie à LA GUAYRE .Il entre en qualité de second capitaine sur un navire de commerce LE MARGUERITE ROSE, il est fait à nouveau prisonnier en décembre 1804 ; conduit en Angleterre il est détenu jusqu’en mars 1814.

3) Joseph de LAPEYRERE né à TARBES le 18 février 1776 et décédé dans cette ville le 17 septembre 1859 fut envoyé à 14 ansen apprentissage chez un raffineur de BAYONNE. Mais de faible constitution, il fut mis en pension chez un maître d’écriture et de calcul. Dès que la patrie fut en danger, il s’engagea le 1er mai 1793 dans la compagnie franche à cheval des HAUTES PYRENEES. En 1794, en garnison à AGEN il partit pour l’ESPAGNE où il guerroya jusqu’en 1795.En avril 1796, il abandonne la cavalerie pour s’engager dans la marine. Le 27 avril 1797 il passe en qualité d’aide timonier faisant fonction d’aide comptable sur l’aviso LA GUADELOUPE de ROCHEFORT.

Passé sur la corvette LA GAITE, à hauteur des BERMUDES, rencontre avec une frégate anglaise, il est blessé d’un coup de pique d’abordage au dessus du genou, prisonnier il fut conduit sur les pontons de PORTSMOUTH. Compris dans un échange de prisonnier, il revint à TARBES en octobre 1798 jusqu’au 8 août 1800. Le 11 octobre 1800, sur la frégate LA REGENEREE, il reprend la mer. Parti le 18 janvier 1801, après 16 jours de traversée, il arrive en vue D’ALEXANDRIE. Ayant pu passer le blocus constitué par les anglais et les turcs, il fut capturé par les anglais qui le ramène à RAGUSE (6 juin 1801), échangé le 1é octobre 1801, il repart en EGYPTE. Après une expédition à SAINT DOMINGUE (1802-1803), il revient en FRANCE en août 1803 et est promu enseigne de vaisseau le 26 octobre 1803.

Le 25 septembre 1806, passé sur l’INFATIGABLE qui part de l’île D’AIX vers la MARTINIQUE et la GUADELOUPE, il rencontre l’escadre anglaise qui défait les navires français, prisonnier Joseph de LAPEYRERE est interné en ECOSSE. Libéré, il revint en FRANCE en 1814, la restauration le met en disponibilité. Rappelé pendant les cent jours, il fit partie du 2ème régiment en formation à ROCHEFORT (8 juin 1815)puis rattaché à l’arsenal de TOULON (28 octobre 1815 à mars 1816).

Il embarque sur LA MEDUSE pour se rendre au SENEGAL que les Anglais devaient rendre aux français en vertu du traité de Paris du 30 mai 1814. Le 2 juillet 1816, naufrage de LA MEDUSE. Il prit le commandement d’un canot qui put regagner la terre et arrivé à SAINT LOUIS le 23 juillet. Le 31 juillet il fut promu au grade de lieutenant de vaisseau.

De 1817 à 1824, il exerça plusieurs commandements et fut fait chevalier de SAINT LOUIS le 21 avril 1821. Il prit part en 1825 à la campagne du BRESIL. Il fut mis à la retraite le 14 octobre 1827 avec le titre de capitaine de frégate et le 16 décembre 1827 il revient à TARBES.

Ces extraits nous donnent un aperçu de l’engagement des frères LAPEYRERE et nous allons suivre plus particulièrement celui de Jean Bernard.

CHAPITRE II

Jean Bernard LAPEYRERE, le marin.

La marine marchande

En 1786, à l’âge de 12/13 ans, il s’engage dans la marine de commerce où il restera pendant près de 7 ans (6).Il fût fait prisonnier par les anglais pour la première fois sur un bâtiment marchand, 7 jours après la déclaration de guerre et échangé de suite (6).

Les autres documents consultés ne nous apportent aucune autre information sur cette période de marine de commerce.

Un état des services de Jean Bernard LAPEYRERE dans la marine nationale a été retrouvé aux Archives Départementales des Hautes Pyrénées (7) qui nous permets de dresser un tableau plus précis de sa carrière de marin et complète les informations de Norbert ROSAPELLY.

La marine militaire

Il est entré dans la marine comme matelot à 30 francs le 6 juin 1793.

Du 6 juin 1793 au 2 novembre 1793, il est embarqué sur la frégate LA CARMAGNOLE. Fait prisonnier une seconde fois par les anglais sur une prise de la frégate, il s’échappa des prisons de Bristol (6).

Du 2 novembre 1793 au 23 août 1794 il est sur le vaisseau LE PATRIOTE qui sera engagé dans la bataille du 13 prairial an 2. Le 1er juin 1794, il est blessé et doit être hospitalisé du 28 juin au 12 août 1794.

Il est embarqué comme aspirant de première classe à 48 frs puis enseigne de vaisseau « non entretenu » à 100 frs à compter du 30 mars 1794(6).

LE PATRIOTE avait 74 canons et LUCADOU en était le capitaine.

Dans un certificat délivré à Brest le 12 messidor an 3 (30/6/1795) LUCADOU certifie que lapeyrere a servi sous ses ordres sur le vaisseau Le Patriote ; Il le présente comme « toujours très actif, très jaloux d’acquérir des connaissances qui font le bon officier. Dans les affaires des 9,10 et 13 prairial il a donné les plus grandes preuves de bravoure, de sang froid et dans la dernière affaire il a donné l’exemple à l’équipage en montant le premier et au plus fort de l’action pour réparer les avaries qui avaient été occasionnées par notre démâtage »(6).

maquette du patriote

le patriote explications

Cette bataille navale est connue comme troisième bataille d’OUESSANT (Glorious First of June dans les pays anglo-saxons). Elle opposa l’escadre commandée par Louis VILLARET DE JOYEUSE (26 vaisseaux de ligne) à celle de l’amiral anglais HOWE (25 vaisseaux de ligne). Du coté français il y eût 7 bateaux perdus, 13 endommagés, 1654 morts, 1000 blessés et 4000 prisonniers (du coté anglais : 6 bateaux endommagés, 287 morts et 811 blessés).

villaret de joyeuse

La flotte de la Manche britannique commandée par l'amiral Lord HOWE a tenté d'empêcher le passage d'un convoi de céréales (vital pour la France) en provenance des États-Unis, qui devait être protégé par la flotte française de l'Atlantique.

Les deux forces se sont affrontées dans l'océan Atlantique, à environ 400 miles nautiques (741 km) à l'ouest de l'île française d’Ouessant le 1er Juin 1794.

Quand la brume se lève le 1er Juin 1794, les lignes de bataille sont à seulement 6 miles (10 km) de l'autre.

bataille navale

A 8 heures 12, la flotte britannique était à seulement quatre miles (6 km) des français.

Les deux lignes ont commencé à échanger des tirs à 9 heures 24.

Le PATRIOTE sur lequel se trouvait Jean Bernard LAPEYRERE se trouvait encadré par les vaisseaux français LE VENGEUR DU PEUPLE et le NORTHUMBERLAND et faisait face au vaisseau amiral anglais le QUEEN CHARLOTTE.

Le HMS VALIANT de Thomas PRINGLE se rapprocha du PATRIOTE qui se retira de la bataille car son équipage souffrait d'une maladie infectieuse et était incapable de combattre. Jean Bernard LAPEYRERE est blessé.

Jean BON SAINT –ANDRE, représentant du peuple, commissaire délégué près de la flotte, dans son journal sommaire de la croisière de la flotte de la république commandée par le contre amiral WILLARET et embarqué sur le vaisseau LA MONTAGNE (imprimerie nationale – PARIS- an II de la république), nous livre quelques renseignements sur l’état sanitaire de l’équipage du PATRIOTE dans les jours qui ont précédé l’affrontement :

« Le PATRIOTE avait été séparé de son escadre commandée par NIELLY depuis 8 jours et retrouva enfin les vaisseaux conduits par VILLARET. Le 1er prairial, le PATRIOTE rejoint le NORTHUMBERLAND. Le 4 prairial, LUCADOU commandant du PATRIOTE vint sur le navire amiral pour demander une fois de plus des médicaments et matelas pour ses hommes malades en grand nombre. Depuis 3 jours, 15 hommes étaient morts. Des secours lui furent accordés. Le 8 prairial, LUCADOU fait la demande d’être dispensé de tenir son poste à raison du grand nombre de ses malades .La demande lui fut refusé et BON SAINT ANDRE émet des réserves sur la fiabilité de LUCADOU. Le 11 prairial, on fit passer du monde par le PATRIOTE pour renforcer l’équipage de ce vaisseau affaibli par les maladies ».

Ce récit nous montre dans quelle situation sanitaire se trouvait l’équipage de ce vaisseau sur lequel Jean Bernard LAPEYRERE servait.

Suite à cet engagement naval, les deux côtés ont revendiqué la victoire et l'issue de la bataille a été saisie par la presse des deux pays comme une démonstration de la prouesse et la bravoure de leurs marines respectives.

comte howe

Lors d’une récente visite de la cathédrale Saint PAUL’S de LONDRES, j’ai eu l’occasion de contempler un monument à la mémoire de HOWE.

memorial howe a st paul londres

lithographie bataille navale

place de la republique a paris

Du 4 janvier 1795 au 29 juillet 1796, il est embarqué sur la corvette LA SAGESSE comme enseigne non entretenu faisant les fonctions de lieutenant ; le 21 mars 1796, à ROCHEFORT, il est nommé enseigne de vaisseau entretenu.

Les documents consultés (rôle d’équipage) au SHD de ROCHEFORT (8) nous donnent une idée des missions confiées à la corvette LA SAGESSE sur la période où Jean Bernard LAPEYRERE y fut embarqué, il s’agissait de patrouiller dans le golfe de Gascogne comme le montre les indications de bord suivantes :

Part de l’ile d’Aix le 2 vendémiaire an 4 (24/9/1795) ;

Revient au mouillage le 5 vendémiaire an 4(27/9/1795) et en part le 6 (28/10/1795) ;

Mouille au Verdon le 30 brumaire an 4 (21/11/1795) jusqu’au 16 frimaire (7/12/1795) ;

Mouille à l’ile d’Aix le 18 frimaire (9/12/1795) pour en partir le 18 nivôse (8/1/1796) ;

Mouille à LORIENT le 19 nivôse (9/1/1796) jusqu’au 21 pluviôse (10/2/1796) ;

Mouille à en rade (non identifiée) le 22 pluviôse (11/2/1796) et en part le 3 ventôse (22/2/1796) ;

Mouille à l’ile de RE le 6 ventôse (25/2/1796) et en part le 12 (2/3/1796) pour mouille à l’ile d’Aix d’où il part le 30 ventôse (20/3/1796) ;

Mouillage en rade (non identifiée) le 2 germinal an 4 (22/3/1796) ;

En part le 30 (19/4/1796) ;

Mouille à l’ile d’Aix le 3 floréal (22/4/1796) ;

Entre à l’ile d’Aix le 8 floréal (27/4/1796) ;

Mouille au Verdon le 9 floréal (28/4/1796) et en part le 22 (11/5/1796) ;

Mouille à l’ile d’Aix le 23 floréal (12/5/1796) ;

Entre dans le port de rochefort le 23 prairial (11 /7/1796) ;

Débarque le 11 thermidor an 4 (29/7/1796).

Un certificat du capitaine de vaisseau LETORZECK commandant de la SAGESSE nous éclaire sur le comportement de Jean Bernard LAPEYRERE :

« Il certifie que « lapeyrere à servi sous ses ordre pendant 2 ans sur la corvette La Sagesse depuis Rochefort jusqu’à Bayonne et aux pays conquis sur l’Espagne.

Il a toujours montré un grand zèle et la plus grande activité et sa conduite a toujours mérité l’amitié de ses camarades et l’estime de ses chefs ».

Du 20 septembre 1796 au 28 novembre 1796, Jean Bernard LAPEYRERE est affecté sur le lougre LE BRILLANT comme enseigne entretenu faisant les fonctions de lieutenant.

Du 4 décembre 1796 au 17 juin 1797 il est sur le vaisseau LE TRAJAN où il est fait à nouveau prisonnier sur une prise du vaisseau (il déserte alors des prisons) puis embarqué le vaisseau LA CONSTITUTION du 1 juillet 1797 au 12 octobre 1797.

En provenance de BREST où il était alors en activité, il arrive à ROCHEFORT 24 ventôse an 6 (14/3/1798).

A partir du 26 avril 1798, il embarque sur la corvette LA VAILLANTE jusqu’au 8 août 1798, jour de la prise du bâtiment par les anglais.

Embarqué comme enseigne entretenu en qualité de lieutenant, il perçoit alors 200 francs par mois.

Après l’arraisonnement du 8 août 1798de la corvette LA VALLANTE par L’INDEFATIGABLE, alors âgé de 23 ans, il fut emprisonné en Angleterre à PLYMOUTH.

Les anglais délivrent un descriptif physique de Jean Bernard LAPEYRERE :taille 1,727m ;teint frais ; cheveux brun ; yeux noisette ; marques sur le visage (6).

Lors d’un échange de 40 prisonniers et après avoir acquitté chacun une somme de 25 schillingspour l’affrètement, il quitte PLYMOUTH le 16 décembre et arrive à CHERBOURG le 18 décembre 1799 sur le sloop LE JOHN (46).

Le chef de la 6eme division du ministère de la marine atteste à M James Cotet, commissaire anglais, 469 rue du bac à Paris que le certificat de renvoisur parole délivré par le transport office en Angleterre est déposé au bureau des prisonniers de guerre et indique que Lapeyrere à choisi de fixer sa résidence à Tarbes (6)(47). Il est à cette époque libéré sur parole et ne sera définitivement échangé que début 1800.

Nous disposons de quelques renseignements sur les circonstances de l’arraisonnement de la corvette LA VALLANTE par L’INDEFATIGABLE :

LA VAILLANTE, d’une longueur de 36,32 mètres et de 9,4 mètres de largeur fut construite à BAYONNE et terminée en août 1796. Armée de 20 canons, son équipage était composé de 175 hommes.

Partie de ROCHEFORT le 1 août 1798, elle fit escale à l’île de RE le 4 .Le 7 août 1798, LA VAILLANTE était en partance pour CAYENNE avec à son bord 25 prêtres réfractaires, 27 condamnés et Mme de ROVERE et sa famille. Après une chasse de 24 heures elle fut arraisonnée le 8 août par L’INDEFATIGABLE.

Nous avons une gravure représentant le navire anglais.(source Wikipédia)

l indefactigable de pellew

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Après sa capture, LA VAILLANTE arrive le 20 octobre à PORTSMOUTH. Elle sera renommée HMS DANAE par les anglais et par la suite elle sera reprise par les français et retrouvera son nom de baptême.

L’un des documents consultés aux archives du service historique de la défense à ROCHEFORT (9) nous livrent des informations quant aux émoluments des officiers de marine dont faisait partie LAPEYRERE :

Vice amiral : 15000 francs

Contre amiral : 10000 francs

Chef de division : 7000 francs

Capitaine de vaisseau 1ere classe : 6000 francs

Capitaine de vaisseau 2eme classe ; 5400 francs

Capitaine de frégate : 4200 francs

Lieutenant de vaisseau : 3300 francs

Enseigne de vaisseau : 2400 francs

Sur la page de garde du document visé ci dessus figure le texte suivant qui nous éclaire sur les appointements à verser aux officiers prisonniers des anglais :

« les officiers, prisonniers de guerre aux termes de la loi du 25 ami 1793 doivent jouir de leurs appointements jusqu’à leur échange ; et d’après la lettre du ministre du 13 pluviôse an 7 en réponse à celle du contrôleur de ce port (ROCHEFORT) du 23 nivôse précédent sur la question de savoir si les officiers non entretenus revenant des prisons d’Angleterre sur parole ont droit à leur appointement jusqu’à leur échange ; il est dit qu’il ne doit pas exister aucun doute à cet égard , la loi sus relatée ne faisant aucune différence entre les officiers entretenus et non entretenus »

« D’après diverses réclamations faites au ministre de la part des officiers et aspirants qui ayant obtenus des permissions pour naviguer sur des corsaires qui ont été pris et sont rentrés en France sur parole, du paiement des leurs appointements , le ministre répond par sa lettre du 16 ventôse an 7 qu’il est juste de les faire jouirde la moitié de leur appointement à compter du jour de leur rentrée en France et jusqu’à celui de leur échange et ordonne de se conformer à cette disposition lorsqu’il s’enprésente. Mais par aspirant de la marine, il observe de ne reconnaître que ceux qui ont été reçu d’après les examens subis conformément aux lois »

Prisonnier sur parole, Jean Bernard LAPEYRERE est échangé définitivement le 6 floréal an 8 (26/4/1800).

Il arrive à ROCHEFORT le 25 messidor an 8 (14/7/1800) venant de PARIS où il a reçu son appointement de ventôse. Il est constant de remarquer que depuis sa libération sur parole, Jean Bernard LAPEYRERE se rend à ROCHEFORT après avoir séjourné à PARIS venant de TARBES.

LAPEYRERE perçoit toujours 200 francs par mois.

Embarqué sur la goélette LA GILLE le 17 vendémiaire an 9 (9 octobre 1800) jusqu’au 20 nivôse an 9 (10 janvier 1801) en qualité de lieutenant.

A partir de cette période, Jean Bernard LAPEYRERE qui est toujours enseigne de vaisseau aspire à accéder officiellement au grade de lieutenant pour lequel il a fréquemment rempli les fonctions.

C’est ainsi que le 1/1/1800,un certain Daure14 rue saint marc à Paris écrit au ministre au sujet de JB Lapeyrere pour soutenir sa demande d’accession au grade de Lieutenant .Il rappelle également les nombreux personnages de la famille Daure qui ont ou ont eu des activités militaires comme il l’avait déjà écrit dans une précédente lettre (6).

Pendant ce temps et après avoir été échangé, Jean Bernard semble connaître des difficultés de trésorerie car il n’a pas reçu une partie de sa solde comme en témoignent ses 2 lettres des 29/4/1800 et 13/6/1800 adressées au ministre de la marine et des colonies (6). En effet, il n’a pas perçu ses appointements depuis juin 1799, et demande une indemnité pour perte d’effets et sollicite de rester à PARIS. Il explique que le retard de versement de ses appointements l’ont obligé de contracter des dettes et qu’il a difficulté à les honorer. De plus et il ne pourrai avancer les frais de son voyage à rochefort où il a été obligé de revenir après avoir obtenu son échange.

Il joint comme pièce justificative un certificat constatant que le citoyen laporte qui commandait la Vaillante a été déchargé de toute accusation par un jury militaire tenu à BREST le 17 nivôse an 7 (28 décembre 1799) relativement à la prise de la corvette.

Proposition est alors faite de payer JB Lapeyrere « à mesure qu’il y aura des fonds » et une réponse lui fut adressée le 13 floréal an 8 (3 mai 1800).

A cette époque, les appointement des enseignes de vaisseaux arrêtés au 29 thermidor an 8 sont alors les suivants :

En temps de guerre 1800 par an, 150 francs par mois et 5 frs par jour ;

En temps de paix 1200 par an, 100 francs par mois et 3,33 frs par jour ;

En temps d’inactivité 600 par an, 50 francs par mois et 1,67 frs par jour.

Le 17/9/1800 le citoyen DAURE qui fait partie de la famille maternelle de Jean Bernard LAPEYRERE écrit au premier consul. Il demande pour son neveu le grade de lieutenant de vaisseau (2 fois blessé et 3 fois prisonnier « bon militaire issu d’une famille honnête proche parent du général Dembarrere et en activité à Rochefort). Jean Bernard a eu 7 frères qui ont servi leur patrie depuis la révolution (3 dans la marine et 4 dans les troupes de terre) ; Des proches parents servent actuellement :

-Dembarrere lieutenant général dans l’armée du génie

-Le citoyen Daure un des plus ancien capitaine des vétérans

-Philippe Barere lieutenant de vaisseau

-Daure commissaire des guerres ordonnateur de l’armée d’Orient

-12 officiers et 4 volontaires dans différentes armées.

« Sa conduite a toujours été excellente, Il aime avec ardeur son métier, On le nomme dans toute sa famille Jean Bart et son courage et son caractère peuvent un jour le rendre digne de ce grade »(6)

Il est à noter que ce DAURE Jean Pierre Pauline Hector ainsi que DEMBARRERE Jean qui interviendra plus tard en faveur de Jean Bernard LAPEYRERE font partie des 660 noms qui figurent sur les piliers de l’ARC de TRIOMPHE de PARIS.

Le 7 pluviôse an 9 (27 janvier 1801), Jean Bernard LAPEYRERE reçoit l’ordre de se rendre à BAYONNE pour embarquer sur la frégate la THEMIS.

Il embarque du 20 février 1801 au 9 novembre 1801, puis fait un court séjour sur la frégate LA VERTU du 10 novembre 1801 (19 brumaire an X) au 21 novembre 1801 (30 brumaire an X)puis retourne sur LA THEMIS en partance pour l‘INDE (désignant plus probablement à cette époque les AMERIQUES) jusqu’au 8 décembre 1802 mais donne sa démission pour affaire de famille (6).

Auparavant, de ROCHEFORT, le 31/12/1801, Jean Bernard Lapeyrere adresse une lettre au ministre de la marine dans lequel il demande le commandement d’un des avisos destiné pour l’armée de Saint Domingue. Dans ce courrier (6), Il indique être marin depuis l’âge de 12 ans.

Le 10/1/1802 (6) le général dembarere (logé rue de Beaune maison de lorraine à PARIS) écrit au ministre de la marine afin que Jean Bernardlapeyrere obtienne le commandement d’un aviso destiné à Saint Domingue ;le citoyen Daure a déjà écrit en ce même sens.

La démarche n’a pas semblé aboutir car en marge du courrier, il est mentionné : «on ne peut présenter au ministre que les demandes adressées par les préfets».

Constatant l’échec de cette demande, le 19/10/1802, de Paris à l’hôtel de Rouen rue d’angervillier, lapeyrereécrit au ministre de la marine pour solliciter un emploi dans l’expédition d’Angleterre en qualité de lieutenant de vaisseau.

Démission de la marine militaire

Le 12/12/1802, le vice amiral, préfet maritime du 5eme arrondissement à Rochefort transmets la demande de démission de Jean Bernard Lapeyrere au ministre de la marine et des colonies à Paris.

Le 24 décembre 1802, sa démission de la marine nationale est acceptée pour cause de santé, une lettre du ministre du 3 janvier 1803 (13 nivôse an XI) confirme cette démission.

Dans un rapport en date du 28/12/1802, du ministère de la marine au premier consul il est indiqué que Jean Bernard Lapeyrere a demandé « sa démission en exposant qu’une blessure et le dépérissement de sa vue ne lui permettaient pas de continuer le service. Le rédacteur du rapport précise que Lapeyrere est âgé de 30 ans environ, noté bon officier mais sa démarche n’annonce point une vocation dans la marine militaire et propose l’acceptation de la démission ».

Cette dernière phrase semble mettre un terme définitif à l’avenir de LAPEYRERE dans la marine mais opiniâtre, il va continuer d’espérer un retour en grâce.

Jean Bernard LAPEYRERE essaie de revenir dans la marine militaire

En effet, dans une lettre datée du 7/1/1804, expédiée de Bordeaux, hôtel des 2 frères, cours du chapeau rouge, lapeyrere écrit au ministre de la marine en exposant que en l’an 11,démissionné dans les douceurs de la paix et pour cause de maladie, il sollicite la faveur de reprendre son rang en qualité d’enseigne de vaisseau et d’être employé à l’expédition d’angleterre, rappelant au passage ses13 ans de mer, 2 blessures, 3 fois prisonniers, l’estime et la confiance de ses chefs sont les titres qu’il offre à la bienveillance de son excellence.

Un document retrouvé aux archives départementales de la GIRONDE nous montre un passeport accordé à Jean Bernard LAPEYRERE en date du 19 floréal An 12 (8 mai 1804). Ce document est intéressant à plusieurs titres :

1-Une annotation en marge nous confirme que Jean Bernard est porteur d’une démission d’enseigne de vaisseau. Ce passeport lui est délivré pour se rendre à PHILADELPHIE pour affaire de commerce et est valable pour 3 décades. Je n’ai pas pu obtenir confirmation de son arrivée PHILADELPHIE et donc si le voyage a bien été effectué.

2-Jean Bernard se déclare comme négociant (sans autre précision).

3- élément plus intéressant est sa description physique : Jean Bernard mesure 1m 815 millimètres, cheveux châtain, sourcils et yeux châtains également, front large, nez gros, bouche moyenne, menton rond, visage plein et gravé de petite vérole.

Toutefois, le 18 mai 1804, un navire arriva à PHILADEPHIE en provenance de BORDEAUX transportant du cognac, du vin de BORDEAUX, des gants, des châles, des bas de soie… Jean Bernard était il à bord ?

Il reçoit alors satisfaction à ses demandes de réintégration et le 16/6/1804, il embarque sur le brick Le Lynx jusqu’au 7/11/1804 comme enseigne de vaisseau auxiliaire.

A cette même date du 18/6/1804, LAPEYRERE écrit au ministre de la marine afin de retrouver son garde d’enseigne de vaisseau entretenu et son rang. Cette demande sera réitérée le 29/7/1804.

Le 22/7/1804, Dembarere écrit au ministère de la marine et lui rappelle la promesse faite en faveur de Lapeyrere « qui à la paix avait donné sa démission parce que sa santé exigeait du repos et vous m’aviez dit vous-même qu’à cette époque il était porté sur une liste de promotion de lieutenant de vaisseau. Dans les premiers instants de la guerre actuelle il s’est empressé de demander à servir.il est maintenant employé comme auxiliaire sur la corvette le lynx ou il remplit les fonctions de lieutenant chargé du détail et il demande à reprendre son garde d’enseigne de vaisseau entretenu ».

Le 7/8/1804, c’est le préfet maritime du 5 ème arrondissement à Rochefort qui transmet au ministre de la marine la demande de Lapeyrere visantà rentrer en service entretenu en précisant : « je verrai avec plaisir que vous puissiez lui faire obtenir cette faveur ».

Jean Bernard LAPEYRERE est remercié.

Il sera date débarqué le 7/11/1804 pour cause de maladie et remercié comme une grande partie des officiers auxiliaires l’ont été à cette époque (6).

Jean Bernard LAPEYRERE souhaite malgré tout une fonction dans la marine militaire

En effetle 18/4/1805, de Paris, à l’hôtel Taranne, rue Taranne, Lapeyrere adresse une requête au ministre de la marine pour obtenir la place de capitaine de port à l’Isle de Cayenne qui se trouve vacante. Il a constamment mérité l’estime de ses chefs quoi que étant âge de 30 ans il à 18 ans d’expérience dont 13 de mer (6). Cette demande est transmise au ministre de la marine et des colonies par le général et sénateur Dembarrere (qui demeure au 347 rue grenelle saint germain à PARIS) (6). Dembarrere réitère sa demande le 10/5/1805.

Le 15/5/1805, de paris rue saint Dominique au gros caillou n° 1007, lapeyrere écrit à monsieur forestier chef de la 1ere division au ministère de la marine (6):

« Vous avez eu à votre dernière audience la bonté de ma faire espérer que vous parleriez à son excellence le ministre de la marine et que je pourrai peut être le lundi suivant connaître le résultat de votre conférence .Je me suis présenté, plusieurs fois dans vos bureauxmais vos innombrables affaires m’ont toujours privé de l’honneur de pouvoir vous présenter mes respects. PardonMonsieur si j’ose aujourd’hui, en vous rappelant l’intérêt que vous avez paru prendreà mon affaire, vous demander la permission de vous être présenté.

Je suis avec le plus profond respect

Lapeyrere»

LAPEYRERE semble inquiet sur les suites de sa demande et se poser la question de son avenir militaire.

A nouveau le 20/5/1805, de Paris, Jean Bernard Lapeyrere adresse une nouvelle lettre au ministre de la marine (6) où il revient sur ses voyages et sa démission:

« Jusqu’à mon retour de L’inde ( les AMERIQUES) dans l’an 11, obligé de passer à cette époque par Saint Domingue voyant que mes services n’étaient plus aussi nécessaires par les effets de la paix, je demandai ma démission qui me fut accordée mais les malheurs de cette colonie m’ayant empêché d’effectuer mon voyage et la guerre ayant recommencé, je sollicitai de rentrer dans la marine.

J’ai eu l’honneur de vous adresser plusieurs pétitions à cet égard, vous eûtes la bonté de promettre au généralet sénateur Dambarere que je ne serai pas oublié.

Cette réponse favorable m’engagea à me rendre à Rochefort (où) je fus employé sur le Lynx en qualité d’auxiliaire faisant les fonctions de lieutenant mais dans le courant de brumaire an 13, les fièvres m’ayant empêché de continuer mes services je fus remplacé et remercié comme tous les auxiliaires qui n’étaient pas embarqués.

Je viens, seigneur ministre vous rappeler ma demande si 18 ans d’expérience acquise à l’âge de 30 ans, si mon zèle pour le service purent pallier ma seule faute d’avoir donné ma démission, j’espère obtenir de votre excellence la faveur de rentrer dans ce corps.

Je vous salue avec profond respect

Signé Lapeyrere (Jean Bernard)

Sur le document le général sénateur dembarere réitère sa demande d’examen favorable de la demande de son parent ».

Dans un rapport du ministère de la marine, en date du 1/7/1805, le ministre demande à savoir quels titres peut avoir Lapeyrere pour faire valoir sa demande d’être employé dans la flottille à Boulogne. Il est confirmé que Lapeyrere est le neveu du général Dembarere, sénateur et que depuis sa démission il est employé comme auxiliaire et ses notes indiquent bon officier et le préfet de Rochefort par une lettre du 19 thermidor an 12 (7 août 1804) demandait son rappel en le désignant comme jeune ayant de l’activité et des connaissances.

Enfin, le 7/10/1805, de Rochefort, lapeyrere adresse une lettre au général DECRES ministre de la marine et des colonies, lui demandant une place à Saint Domingue ou le commandement de quelque gabarre ou aviso destinés pour cette colonie.

Ici se termine l’aventure militaire et maritime de Jean Bernard LAPEYRERE pour entrer dans une autre aventure : celle du cadastre.


CHAPITRE III

Jean Bernard LAPEYRERE, le cadastre et l’ORNE

Cette dernière lettre du 7/10/1805 est l’ultime document figurant au dossier militaire (6) de Jean Bernard LAPEYRERE.

Nous savons qu’avant son arrivée dans le département de l’ORNE, Jean Bernard LAPEYRERE exerçait les fonctions de géomètre vérificateur dans le département de la Seine et Oise (11).

Mais à ce jour, aucun renseignement ne nous éclaire plus avant sur la période où Jean Bernard LAPEYRERE quitte la marine (probablement vers fin 1805) jusqu’à son arrivée dans le département de la SEINE ET OISE. Contactées, aucunes des Archives départementales des YVELINES et des autres départements issus du découpage du département de la SEINE et OISE ne possèdent de documents où le nom de Jean Bernard LAPEYRERE est mentionné.

Il faut croire que la déception manifeste de ne pouvoir continuer une carrière militaire malgré les soutiens des illustres membres de sa famille a conduit LAPEYRERE à se diriger vers de nouvelles activités mais nous ne connaissons pas sa démarche qui le conduit vers le cadastre. Ses relations, sa fréquentation du ministère de la marine et aussi sa présence fréquente à PARIS l’ont probablement mis en relation avec l’administration du cadastre qui à cette époque devait recruter une escouade de géomètres afin d’engager la mise en œuvre du cadastre sur tout le territoire national. Le fait que la constitution du cadastre soit une œuvre initiée par NAPOLEON ne pût sans aucun doute laisser insensible LAPEYRERE.

Quoi qu’il en soit, LAPEYRERE, de par son passé militaire et sa personnalité, connait une ascension rapide dans son nouvel univers. Il entre comme géomètre dans le département de SEINE ET OISE, et est déjà géomètre vérificateur lorsqu’il est nommé dans l’ORNE comme ingénieur vérificateur à la tête du service départemental.

Arrivée à ALENCON en 1807:

  • Le 4 mars 1807 : le ministre des finances nomme le vérificateur de SEINE ET OISE, Jean Bernard LAPEYRERE comme ingénieur vérificateur dans l’ORNE (source René JOUANNE) pour succéder à VALLEE et JURIS. Nous sommes encore sous le régime du cadastre par masse de culture.

Le vérificateur de la SEINE ET OISE, LAPEYRERE est désigné pour avoir montré dans l’exercice de ses fonctions un zèle et une activité qui inspire confiance (12).

  • Aucune source ne permet de connaître par quel moyen Jean Bernard LAPEYRERE est arrivé à ALENCON ni où il a vécules premières années (de 1807 à 1810). Seul le souvenir de l’arrivée agitée du préfet LAMAGDELAINE en 1800 par le même itinéraire probable et son agression par des brigands à SAINT MAURICE les CHARENCEY (ORNE) nous permet d’entrevoir une certaine insécurité sur les voies de communication.
  • Une réclame qui figure dans le journal d’ALENCON n° 85 du 3 janvier 1808 (13) nous livre une indication sur les voyages entre ALENCON et PARIS : « les frères PATU préviennent aussi le public que leurs voitures font la route d’ALENCON à PARIS en 26 heures, de RENNES à PARIS en trois jours, en couchant 2 nuits et de LAVAL à PARIS en 2 jours. Le bureau des frères PATU est situé à l’hôtel du Grand Cerf à ALENCON ».

En prenant son nouveau poste LAPEYRERE hérite d’une situation assez délicate ; il doit déterminer le nombre des anciens géomètres secondaires sur lesquels il pouvait compter pour l’arpentage de 1807 afin de terminer le cadastre par masse de culture.

  • Le 9 mai 1807 est signé le traité définitif entre le préfet LAMAGDELAINE et LAPEYRERE (14).
  • Jean Bernard LAPEYRERE s’installe à ALENCON
  • Cette période va être étudiée notamment à partir de l’étude d’actes notariés qui ont pu être retrouvés aux archives départementales de L’ORNE, de la MAYENNE et du CALVADOS ainsi que divers documents retrouvés aux archives municipales d’ALENÇON.
  • De part sa fonction Jean Bernard LAPEYRERE est tenu de s’installer au chef lieu du département.

1808

Nomination pour la confection du cadastre parcellaire

Le 9 février 1808 le ministre des finances nomme LAPEYRERE ingénieur vérificateur du cadastre de l’ORNE pour entreprendre le cadastre parcellaire(15).

  • Le traitement de Jean Bernard LAPEYRERE s’élève à 3500 francs annuels versé chaque mois par douzième(soit 291,66 francs) comme l’ont montré les documents comptables du cadastre consultés aux archives départementales de l’ORNE. Les géomètres touchaient 100 francs par mois (16 et 17).

Il rédigera un manuel pour le levé des plans à l’usage des géomètres du département de l’ORNE puisune nouvelle instruction pour les géomètres du département de l’ORNE(documents cités par R JOUANNE mais non retrouvés).

  • Les prêts aux consorts FILLETTE
  • Par acte en date du 16 mai 1808 dressé par maitre François Etienne MEURGER , notaire impérial à ALENÇON , madame Renée Françoise Claire LOUIS veuve de Jean François FILLETTE et son fils Jean François Auguste FILLETTE marchand chapelier demeurant à ALENÇON reconnaissent être redevable envers Jean Bernard LAPEYRERE d’une somme de 5432,10 francs qu’il leur a prêté en numéraire métallique pour une durée d’une année ( sans intérêt ).En guise de sureté , une affectation hypothécaire est faite sur un immeuble situé grande rue à ALENCON(18).
  • Puis, par acte en date du 29 juin1808 dressé par maitre Charles Claude François Félix HOMMEY , notaire à ALENÇON , madame Renée Françoise Claire LOUIS veuve de Jean François FILLETTE agissant pour elle même et représentant Marie Elizabeth Scholastique FILLETTE sa fille mineure ainsi que son fils majeur Jean François Auguste FILLETTE chapelier demeurant à ALENÇON reconnaissent être redevable envers Jean Bernard LAPEYRERE d’une somme de 4000 francs qu’il leur a prêté en numéraire métallique pour une durée d’une année ( sans intérêt ) tant à la vue du notaire qu’arrière (dixit acte ). En guise de sureté, une affectation hypothécaire est constituée sur les immeuble situé à ALENCON, grande rue, rue Saint Blaise, un jardin situé rue des promenades et une maison située rue des marais.
  • Dans le corps de cet acte, le notaire orthographie le nom du prêteur en DELAPEYRERE après l’avoir désigné en LAPEYRERE (19).
  • Une anecdote rapportée par le Journal du Département de l’ORNE

Je rapporte ici un extrait du livre d’Adhémar LECLERE sur l’histoire de la commune d’ALENCON où il est fait mention de la présence de Jean Bernard LAPEYRERE sur les lieux de l’incendie de Notre Dame le 1er juillet 1808 :

incendie 1808 page 1

incendie 1808 page 2

Nous pouvons comprendre l’empressement de Jean Bernard LAPEYRERE lors de cet incendie compte tenu de la faible distance existante entre Notre Dame devenue basilique en 2010 et les bureaux du cadastre où devaient être entreposés les premiers plans cadastraux et autres documents topographiques et administratifs au début de l’œuvre de constitution du cadastre parcellaire napoléonien .

Le journal d’ALENCON n° 113 du 17 juillet 1808 relate les remerciements du maire d’ALENCON aux sauveteurs lors de l’incendie du 1er juillet à Notre Dame (13).

  • Enfin, le 11 septembre 1808, Gabriel LAPEYRERE donnait son consentement au mariage à venir de son fils Jean Bernard par acte devant M° Jean DATEAU notaire impérial à TARBES en ces termes :
  • « donne son consentement à son fils à ce qu’il se marie avec telle personne qu’il trouvera à propos s’en rapportant entièrement à sa sagesse et son discernement pour faire le choix d’une personne honnête »
  • Cet acte a été légalisé par le président du tribunal civil du premier arrondissement du département des HAUTES PYRENEES le 12 septembre 1808 (48).
  • 1809
  • L’AFFAIRE MALVIN-CAZAL ET LES INSTRUMENTS DES GEOMETRES
  • Je ferai ici un focus sur une affaire que Jean Bernard LAPEYRERE a du traiter et qui met en relief les difficultés de trouver des collaborateurs. René JOUANNE, dans son livre sur les origines du cadastre ornais relate rapidement l’incident et je voudrais m’y arrêter pour faire également un complément sur les instruments dont devaient être dotés les géomètres.
  • Le 18 avril 1809, M REMOND géomètre retrouve M MALVIN-CAZAL également géomètre du cadastre à Saint GERMAIN de MARTIGNY (ORNE) où il déjeune avec M BAILLY et avec son porte perche. La discussion s’engage autour des instruments que REMOND avait déposé chez M MASSET à LA CHAPELLE PRES SEES (ORNE). Le fils REMOND en voulant les reprendre s’était vu répondre par MASSET qu’il n’avait plus les dits instruments. REMOND demande alors à MALVIN de lui faire un écrit comme quoi il avait vu les instruments chez MASSET. Refus de MALVIN (REMOND voulait faire comparaître MALVIN devant un juge de paix).Le 20 avril, REMOND va chez le sieur DUBOIS maire de NEAUPHE sous ESSAI (ORNE) en lui demandant de l’accompagner chez son beau frère M PETIT. DUBOIS se décommandât car attendant les experts pour le cadastre. DUBOIS était au courant que des instruments avaient été déposés chez son beau frère. Mme PETIT seule présente déclare que c’est MALVIN qui leur a demandé de ramasser les instruments. REMOND conclut que les instruments en question étaient les siens.
  • Dans un courrier en date du 22 avril 1809, posté du MESLE sur SARTHE (ORNE),M REMOND confirme avoir obtenu de M PETIT un écrit indiquant que ce sont messieurs MALVIN père et fils qui ont déposé chez lui3 instruments de géométrie du mois d’août 1808 jusqu’en avril 1809.
  • Dans une lettre en date du 24 avril 1809 adressée au directeur des contributions directes , LAPEYRERE sollicite du directeur des contributions directes de vouloir bien prononcer la destitution de M MALVIN géomètre de première classe depuis environ 8 mois au motif que ce géomètre avait caché chez le dénommé Jacques PETIT , cultivateur à NEAUPHE sous ESSAI , les instruments de M REMOND , géomètre également.
  • Interrogé plusieurs fois y compris par LAPEYRERE lui-même, MALVIN déclare avoir vu ces instruments à LA CHAPELLE PRES SEES chez le nommé MASSET, menuisier de son état .Il affirme qu’il maintiendrait ces propos même devant un juge de paix.
  • LAPEYRERE avait déjà reçu du MANS des lettres signalant MALVIN comme « un homme peu délicat sur les moyens qu’il employait pour se procurer ce qui lui convient ».
    Dans cette lettre, LAPEYRERE utilise des mots tranchants vis-à-vis de MALVIN : « Priver un camarade des instruments nécessaire à son métier, vouloir encore faire planer le soupçon sur une personne honnête est un trait de lâcheté qui ne mérite aucune indulgence ».
  • Le 28 avril 1809, le préfet LAMAGDELAINE prenait un arrêté de révocation de MALVIN-CAZAL.
  • Le 15 mai 1809, de SEES (ORNE), MALVIN-CAZAL adresse un courrier de quatre pages à LAPEYRERE. Il se défend des accusations portées contre lui et après s’être rendu à NEAUPHE sous ESSAI au domicile de M PETIT rapporte sa conversation avec Madame PETIT qui semble contredire les écrits de son mari (Madame PETIT aurait affirmé qu’elle dirait toujours la même chose y compris devant Dieu ).Le but de sa visite à NEAUPHE ( en fait la seconde ) était de prier M PETIT de venir à SEES le 15 du mois déposer devant le juge de paix pour dire l’exacte vérité concernant les instruments de M REMOND.
  • Dans une lettre en date du 17 mai 1809, postée de Saint GERMAIN de MARTIGNY, MALVIN-CAZAL écrit au préfet en lui demandant derévoquer son arrêté du 28 avril 1809. Dans cette missive, MALVIN-CAZAL se dit taxé « d’homme sans conduite, de peu de délicatesse et accablé de dettes énormes » .Il affirme au préfet que « la religion (de ce dernier) a été trompée sur son compte » et qu’il semble avoir engagé des actions devant les tribunaux en police correctionnelle.
  • Nous retrouvons quelques informations sur MALVIN-CAZAL au sein du recueil des mémoires de la société nationale d’agriculture, sciences et arts d’ANGERS, tome XI de l’année 1908 où est relatée une affaire dite des frères ALLETON qui s’est déroulée entre 1803 et 1805. Il est question des suites de la chouannerie dans la région du MANS et de la recherche de brigands. Il y est dit que « l’hôtel du Grand-Dauphin au MANS, sur la place des halles (devenue place de la république), passe pour le repaire des séditieux ». Lors d’une perquisitionen cet hôtel, une cache est découverte où des armes et un drapeau blanc s’y trouvent.
  • Je rapporte ci-dessous le texte de ce mémoire :
  • « Au moment su sacre, un M MALVIN-CAZAL, originaire de MARSEILLE, se disant géomètre en chef, logeait au Dauphin ; dans sa faconde méridionale, oubliant que toute vérité n’est pas bonne à dire, on l’entendit tenir en pleine table d’hôte les propos suivants :
  • Bonaparte n’est qu’un usurpateur ; il n’avait pas le droit de se faire nommer empereur et d’envahir le pouvoir suprême. Il faut que le pape soit bien pusillanime pour entreprendre un voyage aussi long, àl’effet de couronner l’assassin de son prédécesseur, PIE VI ;
  • Non content d’exhaler ses sentiments dans cette diatribe, il terminait sans vergogne en rimant Mme BONAPARTE en tain. Et le plus curieux est que, pour sa défense, MALVIN-CAZAL fit certifier par plusieurs commensaux du Dauphin qu’il n’avait rien contre l’empereur et avoua seulement la propos malsonnant tenu sur Mme BONAPARTE ».
  • Il est fort probable que LAPERYRERE fut informé de cette affaire. Compte tenu de son parcours et des propos de MALVIN-CAZAL, il semble évident que les deux hommes ne devaient s’apprécier que très moyennement.

hotel le mans

  • Dommage que dans aucun des courriers précités concernant cette affaire ne soit faite la description des instruments en question. Cela nous aurait certainement éclairé sur leur nature.
  • Toutefois , nous avons à notre disposition une instruction de GAUDIN ,duc de GAETE , ministre des finances , en date du 10 ventôse AN 11 déclinant le travail des géomètres et précisant le matériel dont les géomètres doivent être dotés qui peut donc nous éclairer sur le sujet.
  • Quelques extraits de cette instruction qui concerne le cadastre par masse de culture nous livrent la vision de GAUDIN sur les géomètres et la méthode de travail à retenir :
  • -En premier lieu sur la nécessité d’uniformiser les travaux :

arrete gouvernement

  • -Sur l’expérience des arpenteurs forestiers bien que nous avons vu que le passé de Jean Bernard LAPEYRERE ne correspond pas à ce profil (mais je rappelle que le sieur VALLEE, son prédécesseur dans l’ORNE avait ce profil).

arpenteurs forestiers

materiel geometre

  • -Enfin, plus troublant et pouvant partiellement éclairer l’affaire MALVIN-CAZAL sur la propriété des instruments :

materiel geometre p 2

  • Une illustration des différents outils du géomètre nous est donnée en observant la partie gauche du cartouche du tableau d’assemblage de la commune d’ORVILLE (plan par masse de culture) reproduite ci-après :
  • Nous y reconnaissons de haut en bas :
  • Un rapporteur, une équerre, une planchette et son trépied, un rouleau de plan, une alidade et probablement une boussole.

cartouche orville partie gauche

  • Ce cartouche avait été confectionné pour figurer sur l’ensemble des plans cadastraux par masse de nature de culture par messieurs CHANLAIRE et LAPRADE, dessinateurs à PARIS et qui intervenaient sur l’ensemble du territoire national. Le buste de BONAPARTE était représenté au sommet du cartouche,les outils du géomètre sur sa partie gauche et les outils de l’agriculture sur sa partie droite.
  • 1810
  • Première acquisition immobilière à ALENCON

Par acte du 12 avril 1810 devant M°Charles Claude François Félix HOMMEY notaire à ALENÇON, acquisition d’une maison rue Saint Blaise n° 46.

Les vendeurs : Jean François Auguste FILLETTEexerçant la profession de chapelier, Mme Renée Françoise Claire LOUIS,veuve de Jean François FILLETTE, Jean TESSIER, employé à la recette générale du département de l’ORNE et son épouse Marie Elisabeth Scholastique FILLETTE.

Cette acquisition est faite par Jean Bernard LAPEYRERE moyennant une somme de 5000 francs, probablement en apurement du prêt consenti le 16 mai 1808 (49).

acquisition filette

  • La propriété concernée est cadastrée section A n° 87 pour 0,90 are et A 88 pour 1,50 ares .Elle est située rue Saint Blaise en face de la préfecture - (ci-dessus extrait du plan napoléonien de la ville d’Alençon – section A- 1811- AD ORNE)
  • La matrice cadastrale de la commune d’ALENCON (76) nous apporte toutes les précisions concernant les biens détenus par LAPEYRERE.
  • Photo façade actuelle
  • Des échanges de courriersentre le maire d’Alençon et Jean Bernard LAPEYRERE au cours des années 1810 et 1811 nous apprennent que le service du cadastre était habilité à produire et à effectuer des travaux particuliers pour les collectivités locales .Ainsi dans ces courriers il est question de plan d’alignement, de lever des corps de rues avec nivellement et du lever d’une zone dénommée la bruyère d’HELOUP qui devait accueillir un hippodrome (20).
  • 1811
  • La visite de Napoléon Ier à Alençon
  • Le vendredi 31 mai vers 19 heures, NAPOLEON Ier et MARIE LOUISE arrivent à ALENCON en provenance de CAEN. Ils ne repartiront que le 2 juin 1811 vers 9 heures (50).
  • Jean Bernard LAPEYRERE demeurait à cette époque rue Saint Blaise à proximité de la préfecture. Une lettre datée du 28 mai 1811 signé par le général de division commandant la garde impériale et adressée au maire d’Alençon , nous apprend que les 130 grenadiers qui seront chargés du service à pied de sa majesté doivent être logés (hommes et chevaux) dans les maisons particulières et auberges de la rue Saint Blaise depuis l’arc de triomphe jusqu’à l’hôtel du Maure ( sur l’emplacement du café de la renaissance actuellement) inclus. Le logement de Jean Bernard LAPEYRERE fût il concerné par cette réquisition ?
  • Tous les fonctionnaires sont rassemblés pour l’évènement. Nous pouvons penser que Jean Bernard LAPEYRERE fut invité à se joindre à cette commémoration.
  • La journée du 1er juin fût consacrée à la visite de la ville, le soir à 21heures 30 grand bal suivi à 22heures 30 d’un feu d’artifice et enfin à minuit, banquet.
  • Fût –il question du cadastre parcellaire entre NAPOLEON et le préfet, nous n’en savons rien !
  • Sa vie maritale, le mariage avec Clarice GEOFFROY

Un contrat de mariage est reçu le dimanche 21 juillet 1811 dans l’après midi au domicile de Mme GEOFFROYJeanne demeurant à LASSAY les CHATEAUX, devant M°LéonCHAMPION SOURDERIE notaire impérialà LASSAY les CHATEAUX (MAYENNE)(21).

Le contrat de mariage est composé de 9 articles parmi lesquels :

Art 1 : il y aura communauté de biens entre les époux à compter de la date du mariage.

Art 2 : Jean Bernard apporte de l’argent, des créances et dettes actives et des effets mobiliers mais se réserve l’usage d’une somme de 30000 francs.

Art 3 : Clarice apporte ses habillements, linge et effets qui lui seront délivrées par sa mère sitôt le mariage pour une somme estimée à 3000 francs

Art 4 : une rente viagère de 1200 francs sera versée à Clarice par sa mère chaque année le jour de Pâques.

Jean Bernard LAPEYRERE demeure 46 rue Saint Blaise à ALENCON et sa future épouse est Clarice GEOFFROY. Jeanne Clarice GEOFFROY naquît à LASSAY les CHATEAUX le 28 juillet 1787.

De nombreux témoins signent cet acte : Jean François PERRIER, oncle de Clarice, Martine GONNET, Corinne COCHON VANNERIE, Antoinette LECESNE née GEOFFROY, sœur de Clarice, Renée COUPPEL, Antoine COCHON etun dénommé BARBAZAN.

Le lundi 22 juillet 1811, à LASSAY LES CHATEAUX, à 10 heures du matin,devant Jean François Michel PERRIER, adjoint au maire, Jean Bernard LAPEYRERE (36 ans) épousait Jeanne Clarice GEOFFROY (23 ans), sœur d’Antoinette épouse LECESNE. Louis François LECESNE était témoin au mariage de sa belle sœur ainsi que Charles BARBAZAN d’ALENCON, Jacques FOURREAU et Julien GOUATIER, marchands à LASSAY.

La famille de Clarice et Antoinette GOEFFROY :

Nicolas GEOFFROY père de Clarice est baptisé à LASSAY les CHATEAUX le 5 juillet 1761. Son père Jean Baptiste François s’est marié à Clarisse CAQUIA de MONBOURG le 13 juin 1755 à LASSAY les CHATEAUX.

Le 25 septembre 1786 à LASSAY les CHATEAUX, Nicolas GEOFFROY épouse Jeanne Marie PERRIER (baptisée le 12 mars 1764 et décédée le 26 septembre 1825 à LASSAY les CHATEAUX).

Il décède le 25 juin 1792 à LASSAY les CHATEAUX dans des circonstances qui mériteraient d’être éclaircies.

Voici donc les deux sœurs, filles de Nicolas GEOFFROY et de Jeanne Marie PERRIER mariées à deux alençonnais. Peut être, pouvons nous penser que Jean Bernard LAPEYRERE fit la connaissance de sa future épouse chez le couple LECESNE-GEOFFROY qui habitait ALENCON.

Rappel sur la vie d Antoinette, sœur de Jeanne Clarice GEOFFROY :

Antoinette Marie GEOFFROY est née à LASSAY LES CHATEAUXle19 août 1788. Elle s’est mariée avec Louis François LECESNE le 11 mars 1811 à LASSAY LES CHATEAUX. Elle est décédée à ALENCON, le 1 février 1871 à 5 heures du matin en son domicile situé rue de l’asile à l’âge de 82 ans .Sur son acte de décès, elle est signalée comme propriétaire.

Louis François LECESNE est né à ALENCON, le 29 novembre 1789. Il est décédé le 18 août 1859 à 3 heures du matin en son domicile situé à ALENCON au n° 2 rue de l’asile à l’âge de 69 ans. Il était le fils de Louis Gabriel LECESNE et d’Anne Julie SOYER.Auparavant, Louis François LECESNEancien négociant demeurait à ALENCON rue des Marcheries.

Sur son acte de décès, Louis François LECESNE est mentionné comme propriétaire mais demeurait avec son épouse au domicile de Bienaimé Joseph CLERAMBAULT, docteur en médecine et gendre du défunt

1814

La naissance de Jean Louis Oscar LAPEYRERE

Le 8 avril 1814 nait à ALENCON à 8 heures du matin, Jean Louis Oscar LAPEYRERE, rue SAINT BLAISE, au domicile de ses parents Jean Bernard (40 ans) et Clarice GEOFFROY (25 ans).Sur l’acte de naissance le nom du père est orthographié LA PEYRERE (en deux mots). L’un des témoins est Louis LORIEUX (34 ansreceveur de droits d’octroi à ALENCON) .L’autre est Marc Antoine CHAPLAINE, 69 ans (51).

Enfin, le 25 avril 1814, Gabriel Marie de RICCE devient préfet de l’ORNE en remplacement du baron LAMAGDELAINE

1815

Premières acquisitions dans le Pays d’Auge

Le 22 mars 1815, à la faveur des 100 jours, le baron LAMAGDELAINE redevient préfet de l’ORNE.

Par acte du 7 avril 1815 devant M° JOURDAN notaire impérial à CAEN Jean Bernard LAPEYRERE fait l’acquisition des terres et fermes situées sur Saint GERVAIS des SABLONS (ORNE) et GRANDMESNIL (CALVADOS)(22).

(La commune de GRANDMESNIL a fusionné avec les communes de Ammeville, Berville, Ecots, Garnetot, Lieury, Montpinçon, Notre Dame de Fresnay, Saint Martin de Fresnay et Tôtes par arrêté du 26 décembre 1972 pour former la commune de l’OUDON).

Les vendeurs : Pierre Robert ALEXANDRE professeur de droit, recteur de l’académie impérialeà CAEN conseiller de sa majesté à la cour de la ville de CAEN et son épouseMme Adélaïde Françoise CAMBETTEDELANOE demeurant à CAEN rue de la géole.

Cet acte concerne des biens situés sur les communes de SAINT GERVAIS des SABLONS pour18 à 19 hectareset de GRANDMESNILpour environ 32 hectares.

Cette acquisition est faite contre la somme de 66358 francs payée en or et argent.

1) Renseignements cadastraux sur les biens de SAINT GERVAIS DES SABLONS

Etablissement du plan cadastral napoléonien :

ta st gervais des sablons

plan st gervais

Au folio 84 de la matrice cadastrale, ces biens passent de Jean Bernard LAPEYRERE à René COMPAGNON de RUFFIEU à OPTIVOZ (Isère) pour 1913 .L’acte concernant cette mutation surprenante n’a pas été retrouvé toutefois s verrons qu’une descendante de Jean Bernard LAPEYRERE a bien épousé un de RUFFIEU.

2) Renseignements cadastraux sur les biens de GRANDMESNIL

En fait, le folio 10 de la matrice cadastrale de cette commune indique que les biens ont été portés au nom de Clarisse GEOFFROY épouse LAPEYRERE.

Ce folio dénombre 25 parcelles pour une superficie totale de 32 hectares51 ares 25. Pour 1862, ces biens sont transférés au nom de Marie Joseph Paul LAPEYRERE, propriétaire à PARIS qui est le petit fils de Jean Bernard LAPEYRERE et de Clarisse GEOFFROY .Une partie de ces biens passeront pour 1922 à Mme D’ANGICOURT née Marie LAPEYRERE à BRETEUIL (folio 222 de la matrice cadastrale). Marie LAPEYRERE est elle la fille de Marie Joseph Paul.

Le 14 juillet 1815, à la fin des 100 jours, Gabriel Marie de RICCE redevient préfet de l’ORNE en remplacement du baron LAMAGDELAINE.

1817

Nouvelle acquisition à ALENCON (36 grande rue)

Par acte du 25 avril 1817 devant M°Emmanuel Marie GuillaumeDUPREnotaire royal à ALENCON acquisition d’une maison sise à Alençongrande rue n° 36 (23).

Les vendeurs : Jean François Auguste FILLETTEexerçant la profession de chapelier, Mme Renée Françoise Claire LOUIS,veuve de Jean François FILLETTE, Jean TESSIER, employé à la recette générale du département de l’ORNE et son épouse Marie Elisabeth Scholastique FILLETTE.

Jean Bernard LAPEYRERE et son épouse Clarice font l’acquisition de ce bien dont une partie jouxte la rivière de Briante. L’acquisition est faite pour le prix de 7394,10 francs. Le prix de cette vente consiste en le solde d’une obligationà hauteur de 6932,10 francs contractée par les vendeurs envers Jean Bernard LAPEYRERE le 29 juillet 1808 et un billet à ordre d’une valeur de 462 francs souscritpar les vendeurs au profit des acquéreurs.

Le service du cadastre de l’époque était installé dans cette maison comme le confirme des courriers retrouvés aux archives départementales de l’ORNE et c’est probablement à cette adresse que Jean Bernard LAPEYRERE s’est installé lors de son arrivée à ALENCON (75).

alencon le guichet

La propriété concernée était cadastrée section D n° 1464 et n° 1465 pour 1,30 are. (Ci - dessus extrait du plan napoléonien de la ville d ‘Alençon- section D -1811).

Observation : la zone a été modifiée par le percement de l’avenue du maréchal DE LATTRE de TASSIGNY mais les biens sont toujours existants.

La situation sociale des LAPEYRERE à ALENCON :

Un document consulté aux archives départementales de l’ORNE (24) nous livre un élément de réponse sur la situation sociale des LAPEYRERE à ALENCON.

Les contributions directes du département de L’ORNE ontété amenées à constituer deux listes de contribuables. La première est constituée des contribuables payant de 300 francs à 1000 francs exclusivement de contributions directes tant en principal qu’en centimes additionnels. La seconde liste concerne les contribuables qui payent 1000 francs et plus de cotisation.

Sont concernés la contribution foncière, la contribution personnelle et mobilière et éventuellement la patente.

La première liste est constituée de 210 contribuables. C’est dans cette liste que nous retrouvons le couple LAPEYRERE pour un total de cotisation de 429 francs

Au sein de cette liste figurent notamment le directeur des contributions directes (389 francs), le directeur de l’enregistrement (312 francs).

La seconde liste est constituée de 68 contribuables. Nous y retrouvons par exemple LECESNE, le beau frère de LAPEYRERE, pour un montant de 1457 francs.

Nous constatons donc que le couple LAPEYRERE bénéficie d’une position sociale élevée en cette année 1817. Nous n’avons pas retrouvé d’autres listes similaires ce qui est dommage car il eût été intéressant de voir cette évolution sociale vers 1830 – 1831, une fois toutes les acquisitions des époux LAPEYRERE réalisées.

Le tableau ci-dessous (qui n’a rien d’exhaustif) donne un éventail des cotisations payées par certains des contribuables figurant sur ces listes :

revenus

1818

Lettre au géomètre BARRABE

Hors cette lettre, les différents documents relatifs à Jean Bernard LAPEYRERE ne concernent que sa vie familiale et patrimoniale. Aucun autre document que cette lettre à ce géomètre ne permet d’entrevoir ses relations avec ses collaborateurs.

Cette lettre du 1 février 1818 adressée au géomètre BARRABE dans le cadre de la rectification de la limite entre les départements de l’ORNE et des la MAYENNE et plus particulièrement la résorption des communes dites « mixtes » est intéressante à plusieurs titres :

Dans un premier temps il fait l’éloge de BARRABE qui doit conduire sur le terrain les travaux (zélé, intelligent, bonne volonté, connaissance du terrain – il est vrai que BARRABE demeure à SAINT FRAIMBAULT sur PISSE).

LAPEYRERE demande à BARRABE de prendre adroitement les renseignements sans attirer l’éveil à la MAYENNE et de présenter au préfet un travail résonné et positif.

Dans un second temps, LAPEYRERE livre un renseignement d’ordre plus personnel. Textuellement, il écrit « ma femme en me chargeant de vous dire mille choses honnêtes ainsi qu’à votre épouse, vous remercie de la bourriche que vous avais eu la bonté de nous envoyés – votre dévoué serviteur et ami ».

Cette seule lettre nous montre un LAPEYRERE donnant ses consignes mais également levant un coin du voile sur ses relations avec ses collaborateurs tout au moins avec le dénommé BARRABE. Appliquerait-il à son équipe cadastrale les méthodes apprises pendant son activité militaire ?

Le 22 mai 1832, César Auguste BARRABE cessa d’être géomètre du cadastre pour devenir percepteur. Il prêta serment devant le préfet de l’ORNE le 27 juillet suivant et fût nommé receveur de l’hospice civil de DOMFRONT. C’est l’un des seuls cas où nous connaissons le devenir des géomètres du cadastre dont l’activité cessa avec l’achèvement du cadastre parcellaire napoléonien (1836 dans l’ORNE) (31).

Dans une lettre datant de juin 1832, BARRABE demande au préfet l’autorisation de terminer l’opération cadastrale malgré qu’il fût nommé percepteur, pour lui les deux activités ne sont pas incompatibles ; nous ne connaissons pas la réponse du préfet…..(26)

1819

Seconde acquisition en Pays d’Auge –la ferme de Grand Val

Acte d’acquisition du 1er avril 1819 devant M° Jacques Léonor BUNEL notaire royalà MESNIL HUBERT desterre et ferme de GRAND VAL situés sur les communes d’ORVILLE et de TICHEVILLE (ORNE)(25).

Vendeurs :

-Charles Joseph Comte de LAPPALLU ancien lieutenant colonel d’infanterie et son épouse Anne Marie HUE de MIROMESNIL (en un seul mot dans l’acte) demeurant au château de La Trinité des Laittiers (ORNE) ;

-Et Louis Philippe Marie LECOMPASSEUR comte de COURTIVRON chef d’escadronet son épouse Constance Armande de LAPPALLU demeurant à BUSSY, arrondissement de DIJON.

Acquéreur, Jean Bernard LAPEYRERE demeure au 49 rue Saint Blaise à ALENCON et cette acquisition est faite moyennant la somme de 71000 francs. Charles HOULETTE, prêtre à la TRINITE DES LAITTIERS est témoin lors de la rédaction de l’acte.

ORVILLE

ORVILLE ayant fait l’objet d’un premier plan cadastralpar masse de culture en l’An XII. Ci-dessous figure le cartouche de ce premier plan pour une approche esthétique déjà évoqué lors de la présentation des outils des géomètres.

ta orville complet

Le cartouche du tableau d’assemblage du cadastre parcellaire napoléonien établi en1827 qui figure ci-dessous présente beaucoup moins d’intérêt.

ta orville simplifié

Au folio 110 de la commune d’ORVILLE, au nom de Jean Bernard LAPEYRERE figurent à l’origine 37 parcelles pour une superficie totale de 106 hectares 51 ares et 40 centiares, se décomposant comme suit :

SectionA – la ferme de grand Val pour 21 parcelles d’une superficie totale de 62 hectares 12 ares acquise le 8 avril 1818

Parcelles section A 37,41,42,43,44,47,51,59,60,61,79,80,81,82,83,84,85,86,87,88 et 99

Le surplus sera composé par l’acquisition du 14 août 1827 sur la même commune.

section A orville

TICHEVILLE

Le cartouche du tableau d’assemblage de TICHEVILLE nous donne un aperçu de se que sont tous les cartouches des plans napoléoniens dans l’ORNE.


ta ticheville

L’acquisition concerne 5 parcelles de la section C n° 191, 194,195, 196 et 197 pour une superficie de 4ha41ares et 30 centiares. Cette acquisition est portée au folio128 de la matrice cadastrale.

plan ticheville

1822

Acquisition - extension sur ORVILLE

Acte d’acquisition du 16 avril 1822 devant M° Jacques Léonor BUNEL notaire royal au à MESNIL HUBERT (canton de Gacé) (38).

Le vendeur est le sieur Thomas FOLOPPE cultivateur demeurant à ORVILLE. L’acquéreur Jean Bernard LAPEYREREest absent et représenté par Pierre DROULIN propriétaire cultivateur à ORVILLE selon un pouvoir qui lui a été donné le 8 avril précédent (document enregistré à GACE le 11 avril 1822, folio 148, case 5).Le vendeur n’a pu signer à cause d’une faiblesse dans la main droite (inscription figurant dans l’acte).

Les biens acquis d’une superficie d’environ 2 hectares 89 ares sont situés sur la commune d’ORVILLE. Il s’agit en fait d’une extension des biens précédemment acquis sur cette commune.

L’acquisition a été faite moyennant une somme de 3000 francs.

1823-1827

Recensement de la population d’ALENCON

  • Sur le recensement de la population d’ALENCONpour les années 1823-1827, rue Saint Blaise, Jean Bernard LAPEYRERE est signalé comme marié âgé de 52 ans, né à TARBES, présent dans la commune depuis 20 ans.
  • Sa profession : géomètre du cadastre, marié à GEOFFROY Clarice, âgée de 37 ans née à LASSAY les CHATEAUX (53) depuis 13 ans à Alençon ;
  • Ayant 1 enfant (garçon) âgé de moins de 12 ans
    ayant 1 domestique COTREUIL Henry 24 ans né à Alençon
    ayant 1 cuisinière GENTIL Jeanne 24 ou 21 ans née à JAVRON et depuis 4 mois à Alençon (27 et 43).

1826

Transaction en MAYENNE et acquisition de LORE (ORNE)

Le 27 septembre 1826, devant M° GOYER notaire royal à LASSAY les CHATEAUX un acte constate l’extinction d’une dette.

Ont comparu à cet acte :

Louis LEMARCHANT propriétaire à LASSAY ;

Jean Bernard LAPEYRERE agissant en son nom personnel ainsi que celui de Louis François LECESNE son beau frère, Antoine GEOFFROY receveur de l’enregistrement à HOUDAN, Félix GEOFFROY gendarme à cheval à CRAON (MAYENNE)

Lesquels reconnaissent avoir reçu « en bonne espèce de numéraire »de Michel BERGUE cultivateur, Louis PICHEREAU journalier, Jeanne BERGUE sa femme, demeurant tous trois au Bas Bois commune du RIBAY et François BERGUE, postillon, la somme de 170,50 francs.

La somme est partagée entre Louis LEMARCHANT qui reçoit 85,25 francs, Les épouses LAPEYRERE et LECESNE nées GEOFFROY qui reçoivent chacune 28,42 francs, Antoine et Félix GEOFFROY qui reçoivent également la même somme.

Par acte également du 27 septembre 1826 devant M° GOYER , Jean Bernard LAPEYRERE demeurant au n° 46 de la rue saint Blaise à Alençon fait l’acquisition d’une propriété sise à LORE au lieudit la Verderie pour une somme de 5000 francs .L’acquisition est faite au titre de remploi pour le compte de Clarice GEOFFROY qui vendra une maison à LASSAY dont elle a la propriété avec sa sœur (28).

Les vendeurs sont Guillaume François FERARD, boulanger,Françoise MANCEAU, son épouse demeurant ensemble à Notre Dame sur l’Eau commune de DOMFRONT (ORNE).

Les biens consistent en une maison, 6 hectares de terre, 60 ares de pré, le tout donné en location à Antoine LEGENTIL pour le fermage annuel de 240 francs. De plus 1 hectare 40 de bois taillis (au lieudit le Colombier qui, exploités directement par les vendeurs procure un revenu annuel de 25 francs) font partie de la vente.

La vente exclue 3 hêtres sur la haie du Colombier et les vendeurs s’engagent à payer par anticipation une rente de 22 francs 50 à l’église de LORE pour les 5 ans à venir, rente consentie par les parents de Françoise MANCEAU.

Au folio 164 de la matrice cadastrale de LORE, figurent 60 parcelles au nom de LAPEYRERE pour une superficie totale de 45hectares et 30 ares.

1827

Où NOUS APPRENONS LA MALADIE DE JEAN BERNARD LAPEYRERE- NOUVELLE ACQUISITION à ORVILLE et NEUVILLE sur TOUQUES et à ALENCON (rue de Bretagne)

LA MALADIE DE JEAN BERNARD LAPEYRERE

Le 5 février 1827 , Jean Bernard LAPEYRERE adresse une lettre au préfetlui faisant part qu’il est atteint de goutte nerveuse l’empêchant de marcher plusieurs mois par an et actuellement cloué au lit depuis 6 semaineset sollicitant d’être secondé par un M ESNAULT géomètre délimitateur (29 et 30).

Dans une nouvelle lettre adressée au préfet le du 31 mars 1827, il nous apprend que sa maladie, longue et douloureuse a été provoquée par une chute de cheval.

La relation entre une chute de cheval et la goutte nerveuse ne paraît pas étable actuellement. Il convient plutôt de s’orienter vers les conséquences d’une alimentation perturbée.

Cette situation de déplacement pénible est constatée par LEFEVRE, vérificateur spécial des plans du cadastre dans son rapport en date du 18 novembre 1830.

Cette situation fût certainement connue de géomètres extérieurs au département de l’ORNE qui sollicitèrent le poste de chef de service du cadastre comme en font état des courriers retrouvés aux archives départementales (73) et de lettres de LAPEYRERE indiquant sa volonté de rester à la tête du service (74).

Acquisition sur ORVILLE et NEUVILLE sur TOUQUES

Par acte du 14 Aout 1827 devant M° LEBOURGEOIS notaire à ALENCON acquisition de la terre et ferme de La LONDE sise à ORVILLEet par extension sur NEUVILLE sur TOUQUES.

Vente par M Marie Louis Achille PERIER de la GENEVRAYE, chevalier de l’ordre royal de la légion d’honneur demeurant commune de la GENEVRAYE

Jean Bernard LAPEYRERE fait cette acquisition moyennant un prix de 45000 francs (52).

plan neuville

Extrait de la section C – la ferme des Londes pour 15 parcelles d’une superficie totale de 44 hectares 39 ares et 40 centiares.

L’acquisition du 14 août 1827 est composé des parcelles section C n° 19,20,21,23,28,35,39,41,42,66,67,68,69,70 et 71

Pour 1840 ces biens entrent au folio 118 et la suite au folio 138 de la matrice cadastrale au nom de LAPEYRERE Jean Bernard par LAPEYRERE Jean Louis Oscar pour l’usufruit suite à acte notarié du 18 septembre 1839 pour les biens de la ferme de La londe et en 1852 pour les biens de la ferme de grand val.

Pour 1890 ces biens entrent au folio 111 et 112 pour la suite au nom de LAPEYRERE Jean Pascal, 10 rue d’Antin à PARIS.

Entre temps, le domaine s’est agrandi de quelques parcelles et d’autres parcelles ont vu leurs superficies amputées suite au passage de terrains au nom de la Compagnie des Chemins de fer de l’Ouest (folio 270).

Par acte du 3 décembre 1827 devant M° LEBOURGEOIS notaire royal à ALENCON acquisition de l’immeuble de la rue de Bretagne à Alençon (32).

Vendeur : Jean Nicolas FrançoisCHEVREL DE FRILEUSE, colonel d’infanterie en retraite, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint Louis, demeurant rue des promenades à ALENCON ;

Jean Bernard LAPEYRERE fait l’acquisition de cette maison sise rue de Bretagne à ALENCON occupée par M DUJOLY payeur du département de l’ORNE moyennant une somme de 12 000 francs.

A cette époque,la maison était sise 23 rue de Bretagne etcadastrée section F n° 149 pour 3,50 ares et 150 pour 6,00 ares.

alencon rue de bretagne plan

alencon rue de bretagne photo

1829

Extension sur la commune de GRANDMESNIL

Acte 5 septembre 1829 devant M° ROUSSEL notaire à Vimoutiers pour la fixation d’une rente viagère annuelle de 350 francs consentie au profit de M Jacques Joseph Gervais LEVAVASSEUR demeurant à MOUTIERS en AUGE pour le prix d’une petite ferme sur la commune de GRANDMESNIL rattachée à la ferme du même nom.(33)

  •                                                                           1830
  • Vente de la maison de la rue Saint Blaise à ALENCON - extension à TICHEVILLE - prises d’actions dans la Fabrique de Chapeaux de paille d’Alençon.

Acte acquisition du 27 avril 1830 des terres et fermes du GRAND VILLAGE à TICHEVILLE devant M° ROUSSEL notaire à VIMOUTIERS (34).

Le vendeur Pierre VIVIER estpropriétaire à Vimoutiers ;

Jean Bernard LAPEYRERE demeure alors rue de Bretagne à ALENCON.

La vente est consentie moyennant une somme de 30000 francs.

L’acquisition porte sur 39 hectares 85 ares et 20 centiares sur les sections cadastrales A et B.

Par acte du 2 décembre 1830devant M° MASSON notaire à Alençon, ventede la maison de la rue Saint BLAISE à ALENCON (bien propre de Jean Bernard LAPEYRERE) (35).

Les acquéreurs sont M André Louis François BOULLEY, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint Louis qui occupe la maison vendue jusqu’à son décès et Jacques Pierre MICHEL, huissier et son épouse Adélaïde GESPIN.

Le prix de vente est de 5000 francs

Le bulletin des lois n° 364 bis d’octobre 1830 fait état d’une ordonnance du roi Charles X, datée du 16 juin 1830 et établie au château de SAINT CLOUD autorisant la société anonyme formée à ALENCON sous la dénomination de fabrique de chapeaux de paille d’ALENCON, façon d’Italie (36).

Que nous apprend cette ordonnance :

Cette société s’est constituée par acte passé le 31 mai 1830 devant maître HOMMEY, notaire royal à ALENCON. Avec un capital de 100 000 francs, elle est divisée en 200 actions ; parmi les actionnaires, nous relevons les noms suivants :

tableau action page 1

tableau action page 2

L’entreprise de fabrique de chapeaux de paille, créée par M BOUILLON en 1822 ne fut pas immédiatement couronnée de succès et malgré l’obtention du brevet de fournisseur de la maison de Madame la duchesse d’ANGOULEME, elle dut recourir aux fonds de la société anonyme dont il est question ci avant.

Cette société fut crée par des négociants d’ALENCON, des hauts fonctionnairesdont Jean Bernard LAPEYRERE, des élus… M BOULLON resta à la tête de la fabrique qui en fait sera dissoute en 1831. Cette liste de personnalités montre la place occupée par LAPEYRERE dans la société alençonnaise.

Il est à noter que le préfet SEGUIER faisant partie à l’origine des actionnaires mais il dut démissionner de sa qualité d’actionnaire le 5 février 1830.

1832

La séparation de corps et de biens des époux LAPEYRERE-GEOFFROY

Par un jugement du tribunal de première instance d’ALENCON en date du 30 janvier 1832 enregistré le 7 février 1832 est prononcée la séparation de corps et de biens des époux LAPEYRERE (37).

En observation, il convient de rappeler que le divorce, autorisé par une loi du 20 septembre 1792 a été supprimé à compter du 8 mai 1816, pour être de nouveau autorisé, pour certaines fautes précises par une loi du 27 juillet 1884.

Clarice GEOFFROY, demanderesse est défendue par M° HOMMEY MARGANTIER, avoué et M° LEBOURGEOIS, avocat. Jean Bernard LAPEYRERE est défendu par M° MARCHAND, avoué.

Clarice GEOFFROY accuse son mari que depuis 15 ans environ, elle doit souffrir d’un grand nombre d’injures graves, de mauvais traitement qui lui ont rendu la vie commune insupportable en lui faisant nécessité de réclamer le relâchement conjugal.

Jean Bernard LAPEYRERE ne fait entendre aucun témoin et s’en remet à la justice.

Le tribunal autorise Clarice GEROFFROY à avoir un domicile séparé, à gérer les biens qu’elle possède actuellement et fait défense à Jean Bernard LAPEYRERE de la fréquenter sous peine de droits.

Dans le journal d’ALENCON n° 11 du 13 février 1832 (42) une insertion concerne cette séparation. Il est indiqué que Clarice GEOFFROY demeure rue Casault et Jean Bernard LAPEYRERE demeure rue de Bretagne.

Dans ce même périodique n° 34 en date du 23 juillet 1832 (42),Jean Bernard LAPEYRERE fait publier un article intitulé « CADASTRE, avis sur l’utilité et les avantages du cadastre » dans lequel il propose ses services pour des travaux de nature post cadastrales. Ce document nous montre les revenus « annexes » que Jean Bernard LAPEYRERE pouvaittirer de sa fonction.

Un acte en date du8 décembre 1832 devant M° LEBOURGEOIS notaire à ALENCON emportant liquidation de la communauté entre les époux LAPEYRERE-GEOFFROY. Son étude va nous permettre de faire le point sur l’état du patrimoine du couple (53).

Masse active :

Des valeurs mobilières acquises pendant la communauté s’élèvent à82000 francs.

1) Terre et ferme de Saint Gervais sise commune de St Gervais des Sablons d’une superficie de19 hectares 21ares 50 centiares.

2) Terre de GRAND MESNIL située sur la commune du même nom dans l’arrondissement de LISIEUX (CALVADOS) pour 32 hectares 51 ares 25 centiares. Les los 1 et 2 ayant une valeur ensemble de 66358 francs.

3) Terre et ferme de GRAND VAL situés sur les communes deORVILLE et TICHEVILLEd’une superficie 106 hectares 21 ares et 20 centiares pour une valeur de 71000 francs.

4) Terre et ferme de La Londe sise sur les communes de ORVILLE (dont la superficie est comprisedans le lot précédent. La valeur de lot est de 45000 francs) et NEUVILLE sur TOUQUESpour une superficie de 2 hectares 89 ares d’une valeur de 3000 francs.

5) Terre et ferme du Grand Village sises sur la commune de TICHEVILLE d’une superficie de 42 hectares 4 ares et 90 centiares d’une valeur de 30000 francs.

6) Une maison située à Alençon grande rue (sur une parcelle de 1 are 30) pour une valeur de 7394 francs.

7) une maison sise à Alençon rue de Bretagne (sur une parcelle de 9 ares 50) d’une valeur de 12000 francs.

La masse passive est composée des reprises entre époux à savoir

  • 1)pour Mme LAPEYRERE GEOFFROYà concurrence de 47000 francs
  • 2)pour M LAPEYRERE à concurrence de 35000 francs

La dévolution est réalisée comme suit :

M Jean Bernard LAPEYRERE obtient :

  • 1)Terre et ferme de GRAND VAL situés sur les communes d’ORVILLE et TICHEVILLE
  • 2)Terre et ferme de La Londe sise sur les communes d’ORVILLE et NEUVILLE sur TOUQUES
  • 3)Une maison située à Alençon grande rue

Le tout représentant une superficie de 109 hectares 11 ares 50 centiares pour une valeur totale de 161 394 francs (comprenant la reprise de 35000 francs).

Mme LAPEYRERE GEOFFROY obtient :

  • 1)Terre et ferme de Saint Gervais sise commune de St Gervais des Sablons
  • 2)Terre de GRAND MESNIL située sur la commune du même nom
  • 3)Terre et ferme du Grand Village sises sur la commune de TICHEVILLE
  • 4)une maison sise à Alençon rue de Bretagne
  • Le tout représentant une superficie de 93 hectares 87 ares 15 centiares pour une valeur totale de 155 358 francs (comprenant la reprise de 47000 francs).

A l’occasion de cet acte constatant la séparation du couple, il est décidé de verser à leur fils Oscar LAPEYRERE une pension alimentaire de 3000 francs (moitie à la charge de chaque parent) à partir du 1er septembre 1831.

Chacun des époux avait préalablement à la séparation partagé les meubles meublants, le linge, l’argenterie et les autres meubles corporels.

Voici donc un couple qui fût propriétaire de 202 ha 98 a 65 cade biens ruraux, 2 immeubles à ALENCON représentantune valeur totale de 316 752 francs de 1832 (en y incluant les valeurs mobilières).

Selon deux critères d’évolution du pouvoir d’achat du franc 1830 vers l’euro, la valeur 2011 de cette somme équivaut à 740000 euros (estimation basse) ou à 1160000 euros (estimation haute) soit une moyenne de 950000 euros.

Il convient également de remarquer que les biens ruraux sont tous situés dans la région agricole du Pays d’AUGE , zone d’expansion agricole dans les années qui allaient venir , ce qui pouvait être considéré comme un très bon placementet donner une indication sur le traitement d’ingénieur en chef vérificateur du cadastre de Jean Bernard LAPEYRERE ainsi que l’état de fortune des époux LAPEYRERE-GEOFFROY.

1839

Vente des biens

Acte du 18 septembre 1839 devant M°MASSON notaire à ALENCON enregistré le 19 septembre 1839, Procuration par Jean Bernard LAPEYRERE géomètre à ALENCON et Jean Louis Oscar LAPEYRERE fils, inspecteur des finances à PARIS à M HUBERT agent de change à PARIS à l’effet de vendre toute rente qu’ils possèdent en commun à la bourse de PARIS (54).

procuration

Par acte du 18 septembre 1839 devant M°MASSON notaire à ALENCON enregistré le 19 septembre 1839 ; vente par Jean Bernard LAPEYRERE de l’usufruit de la terre et ferme des LONDES,biens situés à ORVILLE (ORNE) et par extension à NEUVILLE sur TOUQUES à Jean Louis Oscar LAPEYRERE son fils, inspecteur des finances demeurant à PARIS 19 bis rue Pigale pour un prix de 2000 francs (55).

Par acte du 2 décembre 1839 devant M° HUBERTnotaire à ALENCON vente de la maison de la rue de Bretagne à ALENCON par Clarice GEOFFROY.

Mme Clarice GEOFFROY demeurant à PASSY près de PARIS, 36 rue de la tour épouse séparée de corps et de biens de M Jean Bernard LAPEYRERE demeurant à ALENCON rue de l’Encrel est représentée par M François GOYER ancien notaire à LASSAY les CHATEAUX. (Mme LAPEYRERE a été autorisée par son mari suivant procuration reçue par M° HUBERT le 26 octobre 1839). Cette vente a été consentie moyennant un prixvente de 30000 francs (56).

L’acquéreur est son beau frère M LECESNE Louis.

La maison était louée d’une part à Mme FILOT et à Mme LELIEVRE DE VILLETTE pour un loyer annuel de 1000 francs.

1836 à 1843

Recensement de la ville d’ALENCON

Les états de recensements de la ville d ‘ALENCON, de 1836 à 1843, nous apprennent que Jean Bernard LAPEYRERE habitait au 42 rue de l’Encrel (devenue rue de Lancrel)comme locataire d’un logement appartenant à un sieur LEILLU Isaac René, boulanger. Il vivait seul en compagnie d’une domestique dénommée SEURIN Françoise née à DAMIGNY (ORNE) (57).

En 1841, Jean BernardLAPEYRERE gérait encore le cadastre comme le montre une lettre (AD ORNE 44, et 45) en date du 28 décembre 1841 qu’il adresse au préfet suite à une demande du 15 décembre. En effet le ministre de la guerre sollicitait l’envoi de géomètres en ALGERIE. En substance, Jean Bernard LAPEYRERE écrit : « Les nouveaux moyens d’existence qu’ils (les géomètres) ont été obligés de se créer après vingt-cinq ans de travaux pénibles et surtout leur âge, ne leur permet pas de se livrer aux fonctions qui leur sont proposées. Ils me témoignent le regret de ne pas pouvoir donner encore une preuve du zèle qu’ils ont montrés dans la confection de notre pauvre cadastre qui tombe en ruine ».

Ce document est intéressant à plusieurs titres :

-Tout d’abord, les géomètres ont été obligés de trouver de nouveaux moyens de subsistance une fois le cadastre napoléonien terminé.

-Apparemment,ces géomètresont conservés de bonnes relations avec LAPEYRERE.

-LAPEYRERE dénonçait déjà le défaut originel du cadastre napoléonien qui souffrait du manque de mise à jour, défaut qui ne sera surmonté qu’en 1930 avec la rénovation du cadastre.

En 1843, dernière année où son nom apparaît sur les états de recensement, Jean Bernard LAPEYRERE était âgé de 69 ans et sa domestique avait 55 ans.

Il est donc probable que Jean Bernard LAPEYRERE ait quitté la ville d’ALENCON vers fin 1843 ou en 1844.

1845

Vente de terrains au département de la MAYENNE

Par un acte administratif en date du 24/11/1845 établit devant Antoine François Félix PARRAU, préfet de la MAYENNE, Clarice Geoffroy cède au département de la MAYENNE quelques terrains en vue de l’élargissement d’une route pour la somme de 196,90 francs (59).

Dans le corps de cet acte, nous apprenons que M Jean Bernard LAPEYRERE demeure à LAVAL rue de Bootz.

1846

Recensement de la ville de LAVAL

Les états de recensement de la ville de LAVAL de l’année 1846 indiquent qu’à l’adresse du 5 rue de Bootz, Jean Bernard LAPEYRERE vivait avec son fils Jean Louisalors âgé de 31 ans qui exerçait la profession de payeur.

A cette même adresse vivaient également 2 domestiques Virginie PRUDHOMME âgée de 34 ans et Jean GRANDIN âgé de 29 ans (58).

1849

Les décès de Jean Bernard LAPEYRERE à LAVAL et de Clarice GEOFFROY à PARIS

Jean Bernard LAPEYRERE est décédé le 7 février 1849 à LAVAL rue du Bost (ou Boost ou Bootz) au numéro 5 de cette rue à l’âge de 74 ans. L’enregistrement de son décès a été effectué le lendemain dans les registres de la mairie devant les témoins suivants demeurant tous les deux à LAVAL (60) :

  • -Jean Jacques CLEREMBAULT âgé de 54 ans, directeur des postes
  • -Hyppolite PIGNINT (orthographe approximative), 48 ans, docteur en médecine.

laval maison rue de bootz

Jean Bernard LAPEYRERE a probablement été inhumé au cimetière de la GUETIERE à LAVAL. Ce cimetière a été remplacé le 15 novembre 1881 par le nouveau cimetière de VAUFLEURY. La mairie de LAVAL interrogée n’a pu fournir de renseignements sur le sort du corps de Jean Bernard LAPEYRERE ; son corps a-t-il été transféré au nouveau cimetière ? Le cimetière de la GUETIERE est l’emplacement actuel des archives départementales de la MAYENNE à LAVAL. Aucune concession n’a été retrouvée à la mairie de LAVAL et l’évêché de LAVAL ne possède aucun document permettant d’affirmer qu’une cérémonie religieuse a été célébrée.

Le 6 juin 1849, Jean Louis Oscar LAPEYRERE dépose la déclaration de succession concernant son père (39).

L’actif de succession qui s’élève à 8893 francs est composé par :

  • -Une garde robe pour 283 francs
  • -Du numéraire pour 2300 francs
  • -Créance de Charles DROULIN pour les fermages de la ferme de GRANDVAL pour 4000 francs
  • -Créance de Victor DROULIN pour les fermages de la ferme des LANDES pour 2000 francs
  • -Créance de l’ETAT pour étude de canalisation pour 270 francs

Cette déclaration ne fait état d’aucun bien immobilier mais des fermages sont malgré tout dus. Jean Bernard LAPEYRERE devait encore avoir quelques activités annexes comme en témoigne cette créance pour étude de canalisation pour le compte de l’ETAT.

Dans un acte transcrit le 23 novembre 1855, de M° TRUMEAU notaire à LASSAY les CHATEAUX concernant la vente d’un bien sis LASSAY par Jean Louis Oscar LAPEYRERE à un dénommé Louis GODIN, nous apprenons que Clarice GEOFFROY est décédée à PARIS il y a environ 7 ans soit vers 1848 (65).

En fait, elle est décédée à PARIS (2ème arrondissement) le 5 juin 1849 donc quelques mois seulement après Jean Bernard LAPEYRERE (61).

1850

Le bulletin des lois nous apprend que Clarice GEOFFROY veuve LAPEYRERE a fait un legs qui comprend les clauses suivantes :

- 8000 francs à la ville d’Alençon en faveur d’une salle d’asile

- 600 francs au bureau de bienfaisance de la ville d’Alençon

- 8000 francs pour les sœurs de la miséricorde pour secours aux indigents

- 4000 francs pourl’église curiale Notre Dame d’Alençon (62).

Par ces actions, nous pouvons penser que Clarice GEOFFROY conservait un bon souvenir de son passage alençonnais et qu’elle était une femme pieuse et cherchant à venir en aide aux plus défavorisés.

CHAPITRE IV

La descendance de Jean Bernard LAPEYRERE

Ce chapitre a été ajouté car des informations recueillies tant aux archives départementales de l’ORNE qu’à la bibliothèque nationale sont apparus comme pouvant intéresser la généalogie de Jean Bernard LAPEYRERE.

Pour résumer Jean Bernard LAPEYRERE et Clarisse GEOFFROY n’ont eu qu’un enfant Jean Louis Oscar dont il fut question plus haut dans le texte.

En 1839 Jean Louis Oscar LAPEYRERE inspecteur des finances demeure à PARIS 19 bis rue PIGALE.

Les états de recensement de la ville de LAVAL de l’année 1846 indique qu’à l’adresse du 5 rue de BOOTZ, Jean Louisalors âgé de 31 ans exerçait la profession de payeur.

Par décret du 12 novembre 1849, Jean Louis fut nommé payeur dans le département de l’YONNE (63).

Jean Louis Oscar épousera Léonie FERON à Paris (11ème) le 2 mai 1853 (64). Il demeure à cette époque au 4 rue SAINT GEORGES à PARIS et Léonie FERON vient de BLOIS. Il exerce la profession d’inspecteur des finances. Il décédera à Paris le 12 janvier 1860 à PARIS (9ème) en son domicile situé 32 rue BASSE DU REMPART (66).

Il fût également secrétaire de son once maternel Hippolyte Philibert PASSY, ministre des finances.

Il est intéressantde noter la filiation de Léonie FERON. Son père était Justin Léon FERON né à PITHIVIERS (LOIRET) en 1801 et décédé en 1876. Il est inhumé avec son épouse au cimetière du Père Lachaise à PARIS. Sa mère est née Marie Alexandrine DE PUYBUSQUEà AMIENS le 02/05/1802 et est décédée à PARIS le 09/01/1877.Elle estissue de la famille DE PUYBUSQUE dont une étude familiale fait remonter la généalogie en 1140 avec un dénommé Bernard DE PUYBUSQUE dans la région toulousaine semble t il.

Jean Louis Oscar LAPEYRERE eut avec son épouse Léonie FERON un seul enfant Marie Joseph Paul LAPEYRERE et c’est de ce personnage dont je souhaiterai vous entretenir.

Des documents retrouvés aux AD de L’ORNE (67), il apparaît que ce personnage était toujours propriétaire de terrains sur la commune d’ORVILLE dans les années 1886 – 1913.

Dans une lettre en date du 25 janvier 1886, il semble domicilié à PAU (Basses Pyrénéesau 15 rue saint Louis de GONZAGUES.

Dans sa lettre du 29 mars 1887 il annonce un voyage à ORVILLE dans le mois et demi à venir.Ilcède des terrains à la commune pour édifier l’école des filles. A cette date, il demeurait 31 côte du lycée à PAU (Basses Pyrénées).

ecole orville

paul de lapeyrere

( Portrait de Paul DE LAPEYRERE)

Un acte en date du 13 mai 1887 dressé par Maître Charles SEBIRE, notaire à VIMOUTIERS concrétise cette vente d’une partie de la parcelle cadastrée section A n° 60 pour 29 ares 60 centiares moyennant le prix de 728,50 francs. Dans le corps de cet acte, M LAPEYRERE déclare être ancien attaché d’ambassade résidant à PARIS, 55 rue Monceau et domicilié à SUS les BOIS (Basses Pyrénées) et être marié en premières noces à Madame Catherine Louise Marie de CHERISEY.

Par acte en date du 14 août 1888, devant le même notaire, M LAPEYRERE consent une donation d’un terrain de 12 ares 96 centiares à la commune d’ORVILLE et permet par droit de passage donné aux habitants de la commune d’accéder à la fontaine Saint Brice située sur ses terres.

Dans le corps de cet acte, ce qui est intéressant est l’origine de propriété des biens qui retrace en fait la généalogie de Marie Joseph Paul LAPEYRERE.

Il a reçu ces biens de la succession de son père Jean Louis Oscar en son vivant inspecteur des finances décédé à PARIS le 12 janvier 1860 et dont il est le seul héritier .Sa veuve née Léonie FERON a épousé en seconde noces Léon Gustave Fernand de BORDA demeure 22 rue Matignon à PARIS. Un inventaire après décès et une liquidation de communauté ont été dressés par M° PERSIL notaire à PARIS aux dates respectives des 24 janvier 1860 et 27 juin 1860.

Jean Louis Oscar LAPEYRERE avait recueilli ces biens de la succession de son père Jean Bernard décédé à LAVAL (MAYENNE) le 7 février 1849 selon un acte de notoriété dressé par M° PERSIL le 7 juillet 1878.

Voici donc qui confirme les recherches effectuées aux AD de La MAYENNE et de l’ORNE.

Mais le plus surprenant est à venir.

La commune d’ORVILLE remet en cause les droits de propriété de la fontaine Saint Brice. M LAPEYRERE somme M° Armand Admire CHAMPION, huissier à VIMOUTIERS de dresser un constat sur l’état de la fontaine. Ce constat dressé le19 mars 1913conclut à la propriété de cette fontaine par MLAPEYRERE et l’huissier remet son rapport au maire d’ORVILLE le 25 mars 1913. Marie Joseph Paul LAPEYRERE est alors désigné comme Monsieur le Comte de LAPEYRERE. Il demeure à cette date au 17 rue Washington à PARIS.

Un document retrouvé à la BNF (68) et intitulé « Mémoire pour servir a Monsieur Marie Joseph Paul LAPEYRERE dans une demande en rectification de son état civil » datant de 1884 va nous donner délivrer des renseignements complémentaires sur Jean Bernard LAPEYRERE et sur la famille LAPEYRERE.

Tout d’abord, l’objet de ce mémoire est de faire reconnaître l’existence de la particule DE placée devant le nom LAPEYRERE et disparu au fil des temps. Il est vrai que nous avons constaté en ce qui concerne Jean Bernard que parfois cette particule figurait mais lui-même dans sa signature par exemple ne la faisait pas figurer.

Dans un premier temps, ce mémoire complète la généalogie de la famille LAPEYRERE pour la faire remonter vers 1327 avec Dominique De LAPEYRERE comme légataire dans un testament de Pierre de Bordes, sire de LAUNAC.

Concernant le passage consacré à Jean Bernard LAPEYRERE, ce mémoire nous confirme qu’il fut enseigne de vaisseau, géomètre distingué et ami de LAPLACE. Ceci nous permit d’entreprendre les recherches en ce qui concerne le passé maritime de Jean Bernard dont les recherches aboutirent aux informations relatées entre 1790 et 1805. En ce qui concerne les relations avec LAPLACE, rien ne vient éclairer notre lanterne.Pour mémoire Pierre Simon de LAPLACE – mathématicien, astronome et physicien -est né le 23 mars 1749 à Beaumont en Auge –CALVADOS et est mort le 5 mars 1827 à Paris).

M Marie Joseph Paul de LAPEYRERE, petit fils de Jean Bernard LAPEYRERE auteur du mémoire est né à Paris le 3 mai 1854, ancien attaché d’ambassadeau JAPON, auteur du « Japon militaire » qui lui a valu l’ordre du Soleil Levant, a toujours placé devant son nom la particule DE.

De nombreux ancêtres de Gabriel LAPEYRERE furent de confession protestante et durent subir les conséquences de la révocation de l’édit de NANTES.

Marie Joseph Paul de LAPEYRERE épousa le 18 juin 1884 à PAU, la comtesse Catherine de CHERISEY (née le 23 mars 1863 à PAU, décédée le 14 juin 1929 au château des Granges en AVALLON) (69).De cette union, naquirent trois enfants :

-Le comte Marie Joseph Georges René Jean Bernard de LAPEYRERE qui épousa Josephe LARTIGUE (70);

-Marie Josephe léontine Renée de LAPEYRERE qui épousa le baron Marie HUGON d’ANGICOURT; La bénédiction nuptiale eut lieu le 18 août 1910 en l’église St Philippe du Roule à PARIS (71).

-Madeleine de LAPEYRERE qui épousa Monsieur le vicomte de RUFFIEU (72).

Chapitre V

Une lignée au service des finances publiques

  • Sur un acte du 18/9/1839, Jean Louis Oscar LAPEYRERE est mentionné comme exerçant la fonction d’inspecteur des finances à PARIS.
  • Sur son acte de décès le 12 janvier 1860 à PARIS, il est mentionné que son beau père, Justin Léon FERON alors témoin, demeurait à AMIENS et exerçait la profession de receveur général des finances du département de la SOMME.
  • Son père Jean Bernard LAPEYRERE a donc été géomètre du cadastre puis vérificateur en chef du cadastre dans l’ORNE lié intimement aux contributions directeslors de l‘établissement du cadastre parcellaire napoléonien. Le cadastre fut géré parle ministère des finances puis plus particulièrement à la direction générale des impôts aujourd’hui direction des finances publiques.
  • Les ancêtres LAPEYRERE ont exercé des professions commerciales (négociant pour GABRIEL, père de Jean Bernard, marchand boutonnier pour GEORGES le grand père et maître sargeur pour Georges ANGLADE, ancêtre de Jean Bernard du coté paternel).
  • La lignée maternelle de Jean Bernard LAPEYRERE semble plutôt représentée par des propriétaires terriens.
  • Si il est à noter que les professions exercées par les ancêtres de Jean Bernard LAPEYRERE ne furent jamais liées aux finances publiques ; il n’en est de même pour la lignée maternelle de son épouse Clarice GEOFFROYde LASSAY LES CHATEAUX.
  • La profession de Nicolas GEOFFROY, père de Clarice, épouse de Jean Bernard LAPEYRERE, est inconnue.
  • Par contre, son grand père, Jean Baptiste François GEOFFROY (décédé avant 1788) était avocat au parlement et receveur des gabelles(receveur du grenier à sel) à LASSAY LES CHATEAUX
  • François CAQUIA, père de Clarice épouse de Jean Baptiste François GEOFFROY (décédé avant 1755) était sieur de MONBOURG, avocat au siège du marquisat de LASSAY LES CHATEAUX, conseiller du roi et grenetier au grenier à sel de LASSAY LES CHATEAUX.
  • Son père Antoine CAQUIA (décédé avant 1713) lui-même sieur de MONBOURG était lieutenant des gabellesen 1685 et receveur des domaines à LASSAY LES CHATEAUX.
  • Mathieu DUTERTRE (décédé après 1730, père de Marie Jeanne, épouse de François CAQUIA était notaire royal en 1694, conseiller du roi, procureur fiscal au siège dumarquisat de LASSAY LES CHATEAUX et président alternatif au grenier à sel de LASSAY LES CHATEAUX en 1716.

grenier a sel lassay les chateaux

Le fonctionnement d’un grenier à sel

L‘administration des Gabelles est divisée en directions générales subdivisées en grenier à sel. Un officier royal, le grenetier, délivre le sel en percevant un impôt appelé « gabelle » qui équivaut à 80% de son prix.

Le grenier à sel état dirigé par un président, un grenetier, un contrôleur, un procureur du roi et un greffier. Ces 5 charges étaient vénales et très recherchées par la bourgeoisie.

A coté de ces greniers à sel, il existait une forte contrebande organisée par les « gabelous ».

ANNEXE 1

Acte de naissance de Jean Bernard LAPEYRERE le2 septembre 1774 à TARBES :

acte naissance JB lapeyrere a tarbes

ANNEXE 2

Acte de naissance de Jean Louis LAPEYRERE, fils de Jean Bernard ET Clarice GEOFFROY, le 8 avril 1814 à ALENCON(Orne) :

acte naissance oscar lapeyrere alencon

ANNEXE 3

Lettre de JEAN BERNARD LAPEYRERE en date du 5 février 1827 annonçant sa maladie (pages 1 et 2)

lettre lapeyrere page 1

lettre lapeyrere page 2

ANNEXE 4

Liste des géomètres qui ont participé à la confection du cadastre parcellaire napoléonien dans l’ORNE.

voir chapitre sur les geometres de l'Orne

ANNEXE 5

GENEALOGIE SIMPLIFIEE LIGNEE LAPEYRERE

genea lapeyrere page 1

genea lapeyrere page 2

ANNEXE 6

GENEALOGIE SIMPLIFIEE LIGNEE DAURE

genea daure page 1

genea daure page 2

ANNEXE 7

RENVOIS ET REFERENCES

source page 1

source page 2

source page 3

BIBLIOGRAPHIES

« Le cadastre ornais »-René JOUANNE – imprimerie Alençonnaise - 1933

« Les marins bigourdans »-Norbert ROSAPELLY – édition La DécouvrancE – édition de 2002

« Un marin d’infortune – Mathieu-Cyprien Renaudin, héros méconnu du Vengeur » Jean BODIOU – édition Le Croît vif - 2010

« Les grands notables d’Alencon au XIXe siècle » - Sandrine Boutrit – Société historique et archéologique de l’ORNE – Tome CXII n° 1- mars 1994

AUTRES SOURCES

  • -Les origines du cadastre ornais par René JOUANNE, archiviste départemental – imprimerie Alençonnaise -1933
  • -Adhémar LECLERE : la commune d’ALENCON-Histoire de son administration municipale de Louis XI à la révolution – PARIS –Ernest LEROUX éditeur, 28 rue Bonaparte -1914.
  • -Généalogie de la famille DE PUYBUSQUE par Guillaume Albert DE PUYBUSQUE –Toulouse -1912, consultable sur le site GALLICA de la BNF.
  • -De l’estime au cadastre en Europe-Les systèmes cadastraux aux XIX et XX e siècles – Colloque des 20 et 21 janvier 2005 –Comité pour l’histoire économique et financière de la France –Paris 2008
  • -L’ORNE sous le consulat et le 1er empire – Gilbert THIL – édition de l’ORNAL -2010
  • -Bulletin de la société académique des hautes Pyrénées – bulletin trimestriel d’avril 1896.
  • -Mémoire pour servir à Monsieur Marie Joseph Paul LAPEYRERE dans une demande en rectification de son état civil (BNF notice FRBNF34168051 de 1884)

CREDITS